Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

LES  FRANÇAIS  DANS  L’AFRIQUE  OCCIDENTALE.  371
France  à  Tunis,  M.  Paul  Cambon,  produisit  les  meilleurs
résultats.  La  domination  française,  ainsi  plus  légère,  fut
plus  facilement  acceptée  et  ne  rencontra  nul  obstacle.  La
colonisation  se  développa  bientôt  avec  une  grande  rapidité  ;
des  travaux  publics  purent  être  entrepris,  et  la  prospérité
éclatante  assurée  très  vite  au  pays  consolida  la  situation  de
la  France.  Le  gouvernement  français  prit  la  suite  des  engagements ­
  contractés  antérieurement  par  la  Régence  dans
les  capitulations  signées  avec  les  diverses  nations  de  l’Europe; ­
  mais,  d’année  en  année,  il  a  peu  à  peu  réussi  à  remplacer ­
  ce  régime  par  le  droit  commun  aux  possessions  européennes ­
  et  à  délier  ainsi  sans  violence  les  entraves  qui
gênaient  son  action.  Surtout  le  maintien  de  la  dynastie  beyîicale
  à  Tunis  a  singulièrement  atténué  le  danger  de  la,
surexcitation  des  passions  religieuses  :  sous  le  couvert  du
gouvernement  du  bey  et  de  ses  fonctionnaires  musulmans,
les  Tunisiens  se  sont  dès  l’abord  habitués  à  vivre  en  bonne
intelligence  avec  les  colons  français,  ont  subi  volontiers
l’action  de  leur  expérience  agricole  et  industrielle,  ont  consenti ­
  avec  eux  à  des  rapports  d’une  extrême  cordialité,  pour
le  plus  grand  profit  de  la  colonisation  même  et  aussi  de
l’éducation  des  indigènes  par  la  fusion  intime  des  deux
races  et  des  deux  religions  en  présence.  Le  retentissement
de  ce  succès  peut  être  considérable  dans  tout  le  domaine  de
l’Islam.
A  la  même  date,  un  Italien,  naturalisé  français  à  l’occasion ­
  de  la  guerre  franco-allemande,  M.  Savorgnan  de  Brazza,
donnait  à  sa  patrie  d’adoption  tout  un  empire  nègre  sur  les
bords  du  Congo,  comme  si  toutes  les  races  musulmanes  de
l’Afrique  étaient  destinées  au  gouvernement  de  la  France.
Comme  Faidherbe  à  Saint-Louis,  il  voulut  ouvrir  au  comptoir ­
  de  Libreville  un  horizon  plus  étendu  vers  l’intérieur.  Il
atteignit  la  vallée  de  l’Ogooué,  la  remonta,  arriva  sur  la
rive  du  Congo  dans  le  pays  des  Batékés,  fut  bien  reçu  par
le  ehef  de  cette  tribu,  Makoko,  et  signa  avec  lui  un  traité  qui
établissait  sur  tout  son  royaume  le  protectorat  de  la  France.
Un  poste  fut  fondé  qui  devint  Brazzaville  et  fut  le  point  de
départ  de  l’expansion  française  le  long  du  Congo  moyen  et
de  l’Oubanghi,  dans  la  direction  du  lac  Tchad  (1880).
L’établissement  de  la  domination  exclusive  de  l’Angleterre
en  Égypte  en  1882  rejeta  l’attention  de  la  France  sur  les
terres  africaines  où  elle  n’avait  pas  à  redouter  cette  terrible
concurrence,  où  du  moins  elle  avait  encore  des  chances  de
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.