Full text: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

38i 
CONCLUSION. 
ter rAutriche du Rhin ou du Pô ; il s'agissait de contenir 
une Angleterre toujours envahissante, maîtresse des mers, 
dangereuse sur la Méditerranée, dont elle voulait faire une 
rue anglaise de Londres à Bombay ; comme aujourd’hui 
il s’agit de contenir une Allemagne trop grande à laquelle 
la Russie est un contrepoids nécessaire. En reprenant le 
principe de Tilsit, il faut en reprendre les corollaires ; il 
faut s’attacher aux enseignements de Napoléon. Consciem 
ment ou non, n’a-t-il pas parfois comme deviné l’avenir, 
et ceux dont il a été le précurseur, Cavour et Bismarck, 
n’ont-ils pas été surtout, comme lui, les agents de desti 
nées inéluctables ? Ne fut-ce pas toute leur force ? 
On paraît de nos jours avoir trouvé une conciliation 
entre la tradition des Croisades et celle des Capitulations. 
On complète la formule de l’intégrité de l’empire ottoman 
par celle de sa réforme : il sera réformateur ou il ne sera 
plus. C’est le rajeunissement de la tradition monarchique 
des siècles précédents. 
Cette formule est belle. Elle promet satisfaction aux 
chrétiens en respectant les musulmans ; elle met d’accord 
l’esprit des croisades avec celui de la politique de Fran 
çois 1". Elle paraît être le terme naturel où se joignent les 
deux grandes voies diplomatiques de toute l’histoire de la 
France en Orient. 
Elle empêcha un démembrement auquel la France eût 
été seule à ne pas prendre part. 
Elle était en contradiction avec l’occupation de l’Égypte 
par les Anglais, et en affirmait le caractère provisoire. La 
Russie ne voulait pas de l’Arménie, la France ne voulait 
pas se charger d’agir seule en Crète, parce qu’il ne fallait 
pas donner aux Anglais le droit de rester en Égypte. 
Du moins pour le moment, cette formule eut des avan 
tages; elle était peut-être conforme aux nécessités du 
jour, sinon du lendemain. Les puissances n’étant pas 
d’accord sur le partage ottoman, elle tint en respect toutes 
les convoitises ; elle garda intact l’héritage du malade, et 
il y eut quelque grandeur dans ce silence imposé aux avi 
dités qui se tendaient tout à l’entour. 
Elle devait aboutir, c’était son unique raison d’être, à la 
réforme générale de l’empire ottoman. 
Le 10 février 1897, les ambassadeurs des six grandes 
puissances signèrent un plan de réformes complètes à 
appliquer à toutes les provinces de l’empire turc. Ces pro-
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.