Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

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CONCLUSION.

plomatiques  de  l’Europe  chrétienne  peuvent  en  être  modifiés. ­

Elle  concentre  sa  plus  grande  attention  au  développement ­
  politique  de  l’Asie;  elle  y  a  obtenu  déjà  de  tels  résultats ­
  qu’elle  a  compris  que  ses  destinées  y  pouvaient  être
très  brillantes,  et  que  sa  mission  dans  I  histoire  universelle
était  de  coloniser  l’Asie,  de  reconduire  la  civilisation  européenne ­
  à  son  berceau,  et  d’en  achever,  par  le  nord  de  l’ancien ­
  monde,  le  gigantesque  cycle.  Le  milieu  de  son  empire,
son  centre  de  gravité  en  quelque  sorte,  est  désormais  dans
l’Asie  centrale,  au  pied  du  Pamir,  à  égale  distance  de  la
mer  Noire  et  de  la  mer  Jaune,  de  Moscou  et  d’Irkoutsk,  de
Saint-Pétersbourg  et  de  Vladivostok,  de  l’Europe  et  de  la
Chine.  Elle  y  a  vaincu  glorieusement,  puis  absorbé  —  car
elle  est  douée  d’une  grande  force  d’assimilation  —  toutes
les  populations  musulmanes  du  Turkestan,  elle  les  a  enrôlées ­
  sous  ses  drapeaux;  elles  sont  à  son  service.  N’englobera-t-elle
  pas  de  même  dans  son  action  les  autres  Turcs
musulmans,  c’est-à-dire  les  Ottomans?  Qu’on  jette  les  yeux
sur  une  carte  ethnographique  et  religieuse  de  l’Asie  ;  les
Turcomans  de  la  mer  d’Aral  y  occupent  une  place  bien  plus
considérable  que  les  Osmanlis,  qui,  enveloppés  parles  Indo-Européens
  des  Balkans,  du  Caucase,  de  l’Arménie  et  de  la
Perse,  par  les  Arabes  de  la  Syrie  et  de  la  Mésopotamie,  y
sont  comme  égarés  au  milieu  de  races  étrangères  et  ennemies. ­
  Chassés  de  Constantinople  et  rejetés  en  Asie  mineure, ­
  les  sultans  ottomans,  redevenus  les  sultans  de
Brousse  ou  d’Erzeroum,  ne  subiraient-ils  pas  la  destinée
des  khans  de  Khiva  et  de  Boukhara  ?
Actuellement  la  Russie  se  recueille.  Le  temps  n’est  pas
venu  des  grands  événements  que  Napoléon  jadis  projeta  en
un  mirage  éblouissant  aux  yeux  du  tsar  Alexandre  1".  Sans
perdre  de  vue  le  progrès  de  la  décomposition  de  l’Empire
ottoman,  tout  en  poussant  ses  colons,  ses  marchands,  ses
missionnaires  de  toutes  sortes  à  travers  l’Asie  mineure,  elle
fortifie  ses  positions  vers  la  Chine,  dans  le  Turkestan  ;  elle
y  porte  toutes  ses  ressources  ;  elle  y  jette  des  voies  ferrées,
comme  les  énormes  artères  qui  feront  revivre  le  continent
asiatique.  Elle  s’arme  pour  les  luttes  prochaines,  en  attendant ­
  l’accident  historique,  l’homme  de  génie,  qui  détermineront ­
  l’emploi  nécessaire  de  cet  armement,  et  qui  de
toutes  CCS  promesses  feront  jaillir  la  grande  réalité  qu’elle.'
renferment.
            
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