Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

L’EMPIRE  OTTOMAN.

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jusqu’au  lac  Ladoga  et  à  la  mer  Blanche.  Il  refusa  définitivement ­
  le  tribut  au  khan  de  la  Horde  d’or.  Celui-ci  fut
écrasé  enfin  sous  les  coups  de  ses  voisins  ligués  contre  lui.
En  1502,  Saraï  fut  détruite.
Le  frère  du  dernier  empereur  byzantin,  despote  de
Morée,  avait  été  dépouillé  par  Mahomet  II  ;  il  s’était  enfui
à  Rome  avec  sa  fille,  Sophie  Paléologue.  Le  pape  Sixte  IV
et  le  cardinal  grec  Bessarion  songèrent  à  marier  cette  héritière ­
  au  tsar  de  Moscou,  dans  la  pensée  de  préparer  la
revanche  du  christianisme  ;  alors  le  schisme  grec  avait
cessé,  pour  peu  d’années.  Le  mariage  fut  célébré  en  1472.
La  fiancée  fut  conduite  en  Russie  à  travers  l’Allemagne,
s’embarqua  à  Lübeck,  aborda  à  Revel  et  gagna  Moscou  par
Novgorod.
Ivan  III  adopta  l’aigle  à  deux  têtes  des  Paléologue,  et  se
donna  pour  l’héritier  et  le  vengeur  désigné  des  empereurs
de  Constantinople.
IV.  —  L’empire  Ottoman.
L’empire  ottoman,  héritier  de  l’empire  byzantin,  eut  les
avantages  et  les  inconvénients  de  cet  héritage.  Puissant
comme  lui  de  part  et  d’autre  des  détroits,  il  commanda
quelque  temps  les  routes  de  l’Europe  à  l’Asie  et  exerça  sur
toute  l’Europe  centrale  une  réelle  suprématie  fondée  sur  la
crainte  de  ses  armes.  Mais  il  eut  les  mêmes  ennemis,  Slaves
surtout  au  nord,  Persans  à  l’est,  et,  par  le  progrès  naturel
des  connaissances  humaines  et  la  découverte  de  la  route
des  Indes  orientales,  il  se  trouva  menacé,  de  loin  d’abord,
puis  de  plus  près,  par  les  empires  européens  fondés  en
Asie.  Lorsque  Christophe  Colomb  voulait  atteindre  l’Inde
par  l’ouest,  il  pensait  prendre  l’Islam  à  revers  et  l’écraser
dans  son  berceau.  Rêve  chimérique,  disaient  ses  comtemporains,
  et  depuis,  la  plupart  de  leurs  descendants  ne  pensent ­
  pas  différemment.  Ne  semble-t-il  pas  pourtant  que  de
nos  jours.  Russes  et  Anglais,  arrivés  ensemble  au  Pamir,
maîtres  les  uns  du  Caucase,  les  autres  du  Nil,  enserrent  les
Musulmans  par  l’est,  comme  d’autres  puissances  chrétiennes ­
  par  l’Ouest  sur  la  Méditerranée?  Il  est  vrai  que  jusqu’ici
Russes  et  Anglais  autour  du  Pamir  sont  plus  préoccupés  de
se  surveiller  et  de  se  contenir  réciproquement  que  de  conduire ­
  ensemble  la  croisade  contre  le  Croissant.
D’ailleurs  ce  sont  des  dangers  qui  ne  se  sont  pas  formés
            
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