Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

EN  ASIE.  —  PROGRÈS  DES  ANGLAIS.

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çaient  dans  les  steppes  des  Kirghiz  ;  ils  occupaient  Omsk
en  1716  et  Semipalatinsk  en  1718;  mais  ils  devaient
attendre  jusqu’au  xix®  siècle  pour  faire  dans  cette  direction
des  progrès  décisifs.  Encore  sous  le  règne  de  Pierre  le
Grand,  ils  franchissaient  le  Caucase,  prenaient  Derbent  en
1722,  puis  Bakou,  et  tout  le  Mazandéranou  la  côte  méridionale ­
  de  la  mer  Caspienne  ;  sur  la  rive  orientale  de  cette
mer,  ils  s’établissaient  en  1716  à  Krasnovodsk,  non  loin  de
l’endroit  où  devait  être  plus  tard  la  tête  de  ligne  du  chemin
de  fer  transcaspien.
Car,  après  le  glorieux  règne  d’Abbas-le-Grand,  mort  en
1628,  l’empire  des  Sofis  de  Perse  s’était  aussitôt  démembré
en  plusieurs  khanats  indépendants.  En  particulier,  il  y
avait  une  opposition  irréductible  entre  les  Persans  chiites
et  les  Afghans  sunnites.  C’est  en  grande  partie  pour  s’être
trouvés  enserrés  entre  les  sunnites  de  la  Mésopotamie  et  de
l’Afghanistan  que  les  Persans  sont  restés  en  général  impuissants ­
  dans  les  temps  modernes.  L’Afghan  Mîr-Mahmoud,
au  commencement  du  xviii®  siècle,  entreprit  même  la  conquête ­
  de  la  Perse;  il  s’empara  de  Kirman,  remporta  la  victoire ­
  de  Gulnabad,  près  d’Ispahan,  en  1722,  entra  dans  la
capitale  persane,  et  par  un  massacre  de  plus  de  cent  princes
de  la  famille  régnante,  mit  fin  à  la  dynastie  des  sofis,  qui
avait  duré  223  ans.  C’est  à  la  faveur  de  cette  réaction
afghane  que  les  Russes  pouvaient  franchir  le  Caucase  et
que  les  Ottomans  prenaient  Tauris,  Erivan  et  tout  le  pays
du  Kurdistan.
Il  est  vrai  que  les  Persans  trouvèrent  un  vengeur  inattendu ­
  dans  l’usurpateur  Nadir.  Ce  berger  du  Khorassan,  à
qui  son  père  avait  laissé  pour  tout  héritage  un  chameau,  se
fit  brigand  dans  la  montagne,  et,  après  quelques  fructueuses ­
  expéditions,  groupa  autour  de  lui  des  bandes  redoutables. ­
  Il  fut  assez  fort  pour  décimer  au  passage  l’armée
afghane  de  Mîr-Mahmoud  revenant  d’Ispahan  chargée  de
butin  ;  elle  fut  achevée  ensuite  par  les  Béloutchis.  Alors
Nadir  se  trouva  le  maître  du  pays  persan.  Au  nom  du  sofi
Thamasp-Kouli-khan,  à  force  de  cruautés,  de  persécutions
telles  qu’il  passa  pour  un  fou  furieux,  il  s’imposa  à  toutes
les  tribus  du  voisinage  ;  il  reprit  Tauris  aux  Ottomans  et  les
repoussa  jusqu’à  Bagdad  et  au  Tigre;  il  reprit  le  Mazandéran,
  la  Géorgie,  l’Arménie  aux  Russes,  les  rejeta  au  delà
du  Caucase.
Il  prit  le  titre  de  shah  en  1736.  Alors  il  continua  ses  bri-
            
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