Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

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EN  ASIE.  -  PROGRÈS  DES  ANGLAIS.
quête  hindoue  »  contenue.  Les  Mongols  n  en  profitèrent
pas.  L’empire  se  démembra  en  de  nombreuses  nababies,
soubabies,  dans  la  vallée  du  Gange  et  dans  le  Dekkan  ;  il
se  morcela  à  l’infini,  rendant  ainsi  plus  aisée  l’œuvre  des
compagnies  européennes  établies  sur  les  côtes  de  la  péninsule. ­

L’empire  de  l’Inde,  désormais  vacant,  parut  d’abord  réservé ­
  à  la  France.  Elle  y  fit  d’admirables  progrès  du
milieu  du  xvii®  siècle  au  milieu  du  siècle  suivant.
En  1671,  Colbert  destina  à  cette  entreprise  un  armement
considérable  sous  l’amiral  de  La  Haye.  Surate  fut  occupée
sur  la  côte  occidentale,  et  le  roi  de  Golconde  éprouva  à  ses
dépens  la  valeur  des  soldats  français.  François  Martin,  en
1674,  obtint  du  nabab  du  Carnatic  le  droit  de  fonder  un
comptoir  à  Pondichéry.  Chandernagor  aussi  fut  occupé  à  la
même  époque.  Martin,  qui  fut  le  premier  gouverneur  général ­
  des  établissements  français  de  l’Hindoustan,  de  1674
à  1701,  préféra  Pondichéry  à  Chandernagor;  ce  fut  un  tort
grave.  Il  fit  de  Pondichéry  sa  capitale,  lui  donna  très  vite
une  grande  prospérité,  occupa  au  nord  de  cette  ville  Mazulipatam,
  sur  la  côte  de  Malabar  Calicut,  posa  les  premiers
jalons  de  la  conquête  française  dans  le  Dekkan.
Lenoir,  qui  lui  succéda  après  la  reconstitution  de  la
Compagnie  française  par  Law,  fonda  Mahé,  au  nord  de
Calicut.  Dumas,  de  1735  à  1741,  construisit  Karikal,  au
sud  de  Pondichéry  et  fortifia  solidement  les  autres  postes
français,  de  façon  à  les  rendre  imprenables  pour  les  bandes
inexpérimentées  des  Hindous.  Dupleix  lui  succéda  en  1741.
H  fut,  comme  on  sait,  le  fondateur  delà  politique  que  les
Anglais  ont  conduite  à  son  terme  en  ce  siècle  :  intervenir
dans  les  querelles  incessantes  des  souverains  indigènes  et
se  faire  payer  cette  intervention  par  la  cession  des  meilleurs ­
  endroits.  H  serait  oiseux  d’entrer  dans  le  détail  des
opérations  diplomatiques  et  militaires  de  Dupleix,  assisté
de  sa  femme,  la  Bégum  Jeanne,  et  de  son  habile  lieutenant
Bussy.  En  voici  le  résultat  qui  seul  importe  ici.  En  quelques ­
  années,  par  le  choix  intelligent  de  ses  protégés  et  le
triomphe  qu’il  leur  assura  sur  leurs  rivaux,  Dupleix  fut
maître  de  la  plus  grande  partie  du  Dekkan.  Il  reçut  la  soumission ­
  du  nizam  d’Haïderabad  et  eut  une  garnison  à  Golconde ­
  ;  il  imposa  une  sorte  de  protectorat  aux  Mahrattes
jusqu’à  Pouna,  dans  le  voisinage  de  Bombay.  En  récompense, ­
  il  occupa  directement,  pour  le  compte  de  la  Cora-
            
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