Full text: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

LES APPROCHES. 
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22 août, laissant à Kléber le commandement de ses troupes, 
échappa aux croisières anglaises et débarqua à Fréjus, le 
9 octobre. Le mois suivant, le 19 brumaire, il renversa le 
Directoire et devint premier Consul. 
Il se hâta d’en finir avec l’Autriche pour pouvoir re 
prendre la lutte eontre l’Angleterre, qui refusait de traiter. 
La campagne de 1800 fut très glorieuse en Italie et en 
Allemagne. L’empereur, vaincu à Marengo et Hohenlinden, 
signa la paix de Lunéville, le 9 février 1801, sur les bases 
du traité de Campo-Formio: il garda la Vénétie, l’Istrie et la 
Dalmatie, mais dut reconnaître l’existence des Républiques 
Cisalpine, Batave, Helvétique et Ligurienne, c’est-à-dire la 
suprématie de la France en Italie et aux Pays-Bas. 
Cependant les Anglais serraient de près les Français 
restés en Égypte. Kléber, menacé par des forces supé 
rieures, venues d’Angleterre, de Constantinople, et même 
par une armée de 10.000 cipayes de l’Inde dont l’arrivée fit 
sensation, désireux d’aller se battre en Europe, signa avec 
Sydney Smith la convention d’El-Arisch (24 janvier 1800), 
par laquelle il abandonnait l’Égypte à condition que ces 
troupes seraient transportées en France. L’amiral Keith 
exigea ensuite qu’il se rendît sans conditions : « On ne ré 
pond à de telles insolences que par des victoires, » dit 
Kléber â ses soldats. Il remporta sur les Anglais la victoire 
d’Héliopolis, le 20 mars, et demeura le maître incontesté 
de l’Égypte. H résolut alors de rester dans la vallée du Nil 
et d’y fonder de façon durable l’empire de la France. Il se 
réconcilia avec Mourad-bey, qui fut dès lors pour lui un 
ami loyal, donna à tout le pays une administration très 
sage et lui assura ainsi quelque temps d’une paix et d’une 
prospérité très brillante. Un fanatique le tua au Caire d’un 
coup de poignard, le 14 juin 1800, et anéantit dans leur 
germe les belles promesses de ce gouvernement. 
Le général Menou, qui lui succéda, était bien incapable 
de continuer son œuvre. Les Anglais ne tardèrent pas 
d’ailleurs à le bloquer. Ils s’emparèrent enfin le 25 sep 
tembre 1800 de l’île de Malte, qu’ils assiégeaient depuis 
vingt-six mois, depuis les premiers temps de son occupa 
tion par les troupes de Bonaparte; et, maîtres dès lors de la 
Méditerranée, ils exercèrent sur tous, même sur les neutres. 
Une tyrannie qui leur suscita des ennemis redoutables. 
C’est en effet dans l’hiver de 1800 à 1801 que Bonaparte 
noua une étroite alliance avec le tsar Paul I®', qui, mécon-
	        
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