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Oeuvres complètes

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Bibliographic data

fullscreen: Oeuvres complètes

Monograph

Identifikator:
836084659
URN:
urn:nbn:de:zbw-retromon-28892
Document type:
Monograph
Author:
Ricardo, David
Title:
Oeuvres complètes
Place of publication:
Paris
Publisher:
Guillaumin
Year of publication:
1847
Scope:
1 Online-Ressource (XLVIII, 752 S)
Collection:
Economics Books
Usage license:
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Contents

Table of contents

  • Oeuvres complètes
  • Title page
  • Contents

Full text

iö2 PRINCIPES DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE. 
quelles des capitaux pareils sont employés, rapporteront des quanti 
tés très-différentes de produits bruts. Si la terre, qui, au moyen d’un 
cicté commence là on la consommation des individus franchit les lignes sévères 
du besoin pour entrer dans le domaine infini et varié des choses d'agrément ou 
de luxe. C'est alors que l’impôt doit frapper, et frapper avec une énergie d’autant 
plus grande, que la consommation est plus facultative, plus futile : de telle sorte 
qu’au bas de l’échelle l’homme du peuple ne soit pas obligé de partager avec le 
fisc le morceau de pain que trempent ses sueurs, et (¡u'au sommet, au contraire, 
les grands seigneurs, les primadona et les vieilles marijuises paient fort cher le 
droit d’avoir des chevaux pur sang, des rivières de perles et des king*charles. En 
un mot nous ne verrions, avec tant d’autres, aucun inconvénient à ce que la taxe 
fût de 100 pour 100 pour les mille superfluités (pii égaient la vie des privilégiés 
d’ici bas, s’il fallait acheter à ce prix le dégrèvement du sel, du vin, des lettres • 
et nous trouverions fort raisonnable une loi qui, établissant une taxe de 2 pour 100 
sur un revenu de 500 francs, grèverait de 3 pour 100 u#revenu de 1000 francs, 
de 6 pour 100 un revenu de 10,000 fr., et ainsi de suite. Si même l’on objectait, 
ce que l’on a constamment objecté, que nous mentons au grand principe de la 
proportionnalité des charges, que nous oublions les notions les plus simples de 
l’arithmétique, nous dirions que la science sociale, opérant sur des éléments sen 
sibles et non sur des abstractions, ne doit pas chercher f équilibre des charges pu 
bliques dans des formules mathématiques, fausses à force de vérité, mais bien 
dans une appréciation intelligente des droits, des besoins, des instincts de chacun. 
Vouloir que l’ouvrier qui a lentement accumulé à force de sueurs, de privations 
un revenu de 500 fr., paie au trésor 50 fr., par la raison que le grand proprié 
taire jouissant d’un revenu de 50,000 fr., paierait 5000 f., c’est vouloir que parce 
qu’un homme de vingt ans peut soulever un poids de 200 kilogrammes, un enfant 
de deux ans soulève un poids de 20 kilogrammes qui briserait ses faibles bras; 
c’est vouloir l’absurde, l’injuste ; c'est ne tenir compte ni du développement des 
forces individuelles ni des nécessités sociales. Quoi qu’on dise ou fasse, en ef 
fet, il sera toujours plus facile pour le riche de renoncer à des volupU« gastrono 
miques, que pour le pauvre de renoncer à un pain noir qu’il brise parfois a coups 
de hache, comme dans les Alpes, comme eu Suède, lorsque la faim le presse et 
que sa dent ne peut l’entamer. 
On a dit, il est vrai,— et sans remuer ici la question si vaste et si compliquée 
des impôts, il nous est permis d’en dresser l’état actuel et les contours généraux, 
— on a dit que l’impôt ainsi com^u, tendait, sous des apparences spécieuses, à 
décourager l’accumulation des capitaux par une sorte de maximum dirigé con 
tre ceux qui grossissent leur fortune et leurs revenus : on a ajouté que, fatal sous 
ce rapport, notre système était de plus inefficace en ce que les consommations de 
luxe étant purement facultatives, les classes opulentes les délaisseraient pour 
éviter l’impôt. A la première accusation je réponds par cette simple reflexion, 
que s’il est bon de ne pas décourager l’accumulation,— ce (|u'un impôt bien^éta- 
bli serait d’ailleurs bien loin de faire,— il (ist urgent et charitable de ne pas dé 
courager le travailleur en rognant son modique salaire au moyen des octrois, des 
taxes sur les matières premières, etc. Qui n’aimerait mieux voir s’arrêter dans
	        

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Oeuvres Complètes. Guillaumin, 1847.
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