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02 , PRINCIPES DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE,
dises. Quoiqu’ils constituent une mesure de la valeur essentiellement
variable, les métaux sont peut-être, de toutes les marchandises,
celle qui est la moins sujette à éprouver des variations. Cet avantage,
ainsi que ceux qui résultent de la durée, de la malléabilité, de la di
visibilité et de beaucoup d’autres propriétés des métaux précieux,
leur ont assuré, à juste titre, la préférence qu’on leur a donnée dans
tous les pays civilisés, pour servir de monnaie.
Après avoir reconnu que l’or et l’argent sont une mesure impar
faite des valeurs, en raison du plus ou moins de travail qui peut
être nécessaire, suivant les circonstances, pour se procurer ces mé
taux, qu’il nous soit permis maintenant de supposer pour un mo
ment que tous ces inconvénients disparaissent, et qu’avec la même
quantité de travail on puisse se procurer dans tous les temps une
quantité égale d’or d’une mine qui ne paie pas de rente. L’or serait
alors une mesure invariable de la valeur. Sa quantité augmenterait
sans doute par la demande croissante ; mais sa valeur resterait inva
riable , et ce serait une mesure on ne peut mieux calculée pour esti
mer la valeur variable de tontes les autres choses. J’ai déjà, dans
un chapitre précédent de cet ouvrage, supposé que l’or était doué de
cette uniformité de valeur, et je continuerai à faire, dans le chapitre
suivant, la même supposition. Lors donc que je parlerai de prix
variables, cette variation devra toujours s’entendre de la marchandise,
et jamais de la monnaie qui sert de mesure pour l’estimer.
elles de papier, ne forment toujours qu’une somme de valeurs qui est dans une
proportion quelconque avec les biens à échanger. Lorsqu’une fabrication surabon
dante fournit une somme nominale supérieure aux besoins des transactions, la
somme nominale diminue de valeur réelle, de manière a ne s élever toujours qu à
la même valeur, et elle n’achète toujours qu’une même quantité de marchan
dises. C’est une des belles démonstrations qui résultent des excellentes brochures
de jM. David Ricardo sur la dépréciation du papier-monnaie d’Angleterre.—
J.-B. Say.