CHAPITRE X
Relations avec les Autorités Allemandes
Le Secours Chômage n’étant qu’un service spécial du Départe-
ment Secours du Comité National se trouvait placé, vis-à-vis des
autorités allemandes, sous le même régime. Mais à raison de sa nature,
il ne tarda pas à attirer tout particulièrement leur attention et à
être l’objet d’une surveillance spéciale, dont la rigueur alla s'accen-
tuant.
Cela se conçoit : les services de l’alimentation et du secours ordi-
naire étaient utiles, en une certaine mesure, à l’armée d'occupation ;
en donnant du pain à la population et en soulageant les nécessiteux
en général, on maintenait l’ordre à l'arrière.
Le Secours Chômage ne parut pas, au début, avoir un autre carac-
tère, et il est vraisemblable que les autorités allemandes, pas plus
que les dirigeants du Comité National, n’en aperçurent pas toute
l’importance politique. Mais, à mesure que les besoins de main-
d’œuvre dans les industries de guerre se firent plus pressants en
Allemagne, l’opinion publique allemande exigea qu’on utilisät les
ouvriers sans-travail du pays conquis. On avait pour cela un moyen
puissant, qui était l’appât d’un salaire élevé. Mais il est clair que
l'existence seule d’un secours spécial aux chômeurs était un obstacle
au recrutement volontaire de la main-d'œuvre.
Aussi voyons-nous bientôt l’administration civile allemande prêter
son appui aux entreprises installées dans le pays pour enrôler des
ouvriers. Elle demande tout d’abord à être informée d’une façon
toute spéciale sur l’activité des Comités provinciaux et locaux de
chômage. La correspondance des organismes divers du Comité National
est surveillée de près, censurée avec rigueur. Non seulement les
règlements et les instructions générales du Comité National à Bruxelles
sont communiqués et expliqués au Gouvernement général, mais
eur application dans les provinces et les communes est l’objet d’une
étude continue.