fullscreen : L'évolution industrielle de la Belgique

LA  DÉCADENCE  DE  L’INDUSTRIE  A  DOMICILE

290

vaillent  assez  fréquemment  jusque  16  et  17  heures  par
jour  (1).
A  Hamme,  dans  la  corderie  l’inapplicabilité  au  travail
à  domicile  de  la  législation  sur  les  personnes  protégées ­
  se  fait  particulièrement  remarquer  :  à  tous  les
coins  de  rues  surgissent  des  fillettes  et  garçonnets  de
6  à  13  ans,  courant  le  long  des  fileries  ou  tournant
le  rouet.  A  l'instar  de  leurs  parents,  ces  enfants
grandiront  dans  l'ignorance,  heureux  encore  s’ils  apprennent ­
  leur  métier  sous  la  direction  paternelle,
échappant  ainsi  à  la  dureté  du  sweating-system  d’un
maître  étranger  (2).
C’est  dans  Y  apprentissage  que  se  commettent  les  plus
grands  abus.  Ainsi  un  tailleur  de  Bruxelles  —  et  ce
n’est  qu’un  exemple  parmi  beaucoup  d’autres  —  paie
des  ouvriers  déjà  assez  capables,  venus  de  la  province
pour  se  perfectionner  dans  la  capitale,  5  centimes
l’heure  et  il  leur  fait  payer  leur  dîner  0.65  fr.,  de
sorte  que  l’ouvrier  qui  travaille  dix  heures  lui  doit
15  centimes  (3).
A  côté  des  ouvrières  tricoteuses  connaissant  leur
métier,  il  y  a  dans  la  bonneterie  des  apprenties  qui
les  assistent,  mais  ne  gagnent  rien  ou  à  peine
quelques  pourboires  après  la  deuxième  année  d’apprentissage. ­
  Ce  sont  de  petites  filles  de  10  à  12  ans  qui
s’occupent  à  bobiner  la  laine  ou  le  coton,  à  ramasser
les  mailles,  etc.  (4).
(1)  Ib.  v.  V,  p.  172.
(2)  Ib.  v.  VIII,  p.  60.
(3)  Ib.  v.  I,  p.  211.
(4)  Ib.  v.  VII,  p.  116.
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.