l’effort nécessaire.
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|)Our celui-ci une somme de 42,000 ir. par au, comme com
pensation d’armement, soit en vingt années une subvention
lotale de 84o,ooo Ir. C’est assurément moins brillant que la
prime de navigation. Mais l’armateur du navire étranger
(¡ardera l’inappréciable avantage, sur son collègue posses
seur du bâtiment français, de faire marcher sou vapeur à la
vitesse qu’il lui plaira, de stationner autant qu’il le voudra
dans les ports, de réduire l’équipage à cinq ou six personnes
— un steamer est armé par la seule présence à bord du ca
pitaine, d’un mécanicien et de quelques matelots — et par
conséfpient de diminuer dans une forte proportion les frais
d’exploitation. Les « sabots » étrangers seront payés à la
journée — comme le dit pittoresquement M. Maurice
Scbvsob — les navires français à la tâche, et ceux-ci de
vront s’épuiser en efforts, user leurs machines, fatiguer leur
personnel, supporter des dépenses inqiortantes, pour re
cueillir beaucoup plus péniblement que leurs camarades sor
tis des chantiers anglais la subvention qui leur est allouée.
Pour le cabotage international, c’est encore pis; le projet
accorde aux caboteurs construits en France les deux tiers de
la prime du long cours ; si l’on prend deux steamers, l’un
français, l’autre anglais, de 3,000 tonnes, et que l’on com
pare la perception de l’un à celle de l’autre, on s’aperçoit
(jue le navire français arrivera, son supplément d’acquisi
tion amorti, à recueillir 786,000 fr. de primes, tandis que
l’anqlais encaissera 84o,ooo fr. de compensation d’arme
ment.
Comment, devant une perspective aussi favorable, l’inva
sion de navires anglais à redouter ne se produirait-elle pas?
Mais elle est logique, naturelle, certaine ! Que le taux du
fret vienne à s’abaisser, qu’une crise provenant de la sur
production énorme de leurs chantiers se produise chez nos
voisins d’outre-Manche, et nous verrons aussitôt s’accoin-