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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
l’épiderme du tronc, et séparent l’écorce au couteau, en la
nières de 40 à 50 centimètres de long sur 8 ou 10 de large.
Ces plaques s'ont ensuite disposées en piles carrées et
exposées au soleil. L’épiderme est laissé sur les branches
qui sont également séchées. La récolte est soumise à un
mayoral ou capataz (contremaître) qui dirige les travaux,
puis mise dans de gros canevas de laine et expédiée dans
les centres commerciaux. Là, elle est définitivement em
ballée dans des cuirs frais qui forment les surones, et
c’est ainsi que l’écorce est embarquée.
Véritable spécifique de la fièvre intermittente et des
fièvres pernicieuses, ce sont les quinquinas jaunes et
rouges qui contiennent une plus grande proportion de
quinine, le gris est surtout riche en cinchonine. Les ha
bitants du versant oriental de la Montana, créoles et métis,
même les indigènes, ont une confiance illimitée dans les
vertus de l’arbre à quinquina ; aussi, prennent-ils fré
quemment des infusions de feuilles ou de fleurs de quin
quina, sous forme de thé ou de café. C’est par le port de
Mollendo que s’exporte la plus grande partie de la cas-
carilla du Pérou.
IX. — Il nous reste maintenant à parler du caoutchouc,
qui, avant les produits que nous venons de citer, et dont
l’exploitation laisse pourtant des bénéfices élevés, forme
la richesse la plus importante du département de Loreto
qui comprend toute la Montana péruvienne. En raison
des proportions incalculables qu’ont prises le commerce
et l’industrie de l’oi’o negro ou oro prieto (or noir),
comme le nomment les caucheros ou seringueiros (1) de
l’Amazonie, nous croyons devoir donner quelques détails
(i) Caucheros et seringueiros, noms donnés aux chercheurs de caout
chouc.