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LA PUISSANCE MARITIME DE l’aNGLETERRE. 
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renseignements autres que ceux fournis par les pièces offi 
cielles, forcément incomplètes. Nos commerçants redoutent 
de s’aventurer : ils ne se décident qu’après expérience faite... 
par les autres. De sorte qu’ils arrivent un peu comme les 
carabiniers d’OiTenbacli et qu’ils éprouvent par cela même 
beaucoup plus de difficultés à s’imposer. Et malheur à qui, 
sans y être convié, s’avise de vouloir leur donner de bons 
conseils. M. Cambon m’en fournit un exemple topique. 
Un ministre des affaires étrangères envoya récemment en 
mission des agents chargés de se livrer sur place à une série 
d’enquêtes destinées à recueillir la plus grande somme pos 
sible d’informations sur les pays visités, leurs ressources et 
leurs besoins, de façon à pouvoir mettre à la disposition des 
Chambres de commerce des renseignements complets et 
circonstanciés. L’un de ces agents — aujourd’hui consul — 
ancien secrétaire de M. Cambon, s’employa pendant une 
année entière à de consciencieuses recherches économiques 
dans les Etats balkaniques. Nanti d’une abondante moisson 
de documents et enflammé d’un beau zèle, il demanda et 
obtint, à son retour en France, l’autorisation de donner une 
série de conférences pour communiquer sans retard aux 
Chambres de commerce le résultat de ses investigations. Il 
allait de ville en ville, signalant les marchés encore libres 
qu’un léger effort permettrait à telle ou telle industrie, sui 
vant les lieux, de conquérir, indiquant les moyens de lutter 
avantageusement contre la concurrence possible de l’étran 
ger. Pour plus de certitude, il ne dédaignait pas d’entrer 
dans les plus infimes détails techniques sur les moyens pra 
tiques d’expédier telle ou telle marchandise, conseillait cer 
tains modes d’emballage, etc., etc. Tant de vertueux dé 
vouement aux intérêts de ses compatriotes devait recevoir 
sa récompense. Lorsque M. Cambon revit son ancien se 
crétaire, il en recueillit le mortifiant aveu de son insuccès
	        
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