LA DÉCADENCE DU MÉTIER
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concurrent. La fortune de l’un s’échafaude sur la ruine
de l’autre « (1). A Xamur, il règne entre gens du
même métier, du même commerce un certain esprit
de suspicion réciproque. Ainsi, les boulangers ne vou
dront point faire connaître à leurs concurrents le
nombre do sacs de farine qu’ils mettent en œuvre
dans leurs fours (2). A Alluis, l’achat en commun est
impossible à cause des rivalités locales (3), A Lokeren,
il en est de même parce que chaque tailleur n’emploie
pas des marchandises de même qualité (4).
Faut-il s’étonner que le groupement d’individus,
ayant des intérêts si opposés, soit impossible ? A
Liège, la société coopérative « Les travailleurs du
bois réunis -, échoua et la liquidation se fit en 190- (5i.
Chez les boulangers, la constitution d’une associa
tions fut tentée à I&eghem ; mais lors de la première
séance, les membres présents en vinrent quasi aux
mains (G). A Louvain, les boulangers qui faisaient
partie de la Gilde de négoces et métiers fondèrent
une société qui comptait, au bout de 12 années, 35
membres. Elle a cessé d’exister en grande partie à
cause d’un défaut d’entente (7). A Xamur, une tenta
tive d’entente entre producteurs pour l'achat des ma
tières premières échoua, la question du choix des four-
(1) Commission Nationale «le la Petite Bourgeoisie. Enquête écrite, v.
I, p. 2u6.
(2) Ib. Enquête orale, v. I, p. 31.
(3) Ib. p. 89-1)0.
(4) Ib. v. VI. p. 480.
(5) Ib. Enquête écrite, v. I, p. 2o5.
(0) Ib. Enquête orale, v. III, p. 324.
(7) Ib. Enquête écrite, v. I, p. 74.