Full text: L'évolution industrielle de la Belgique

LA DÉCADENCE DE L’INDUSTRIE A DOMICILE 
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espérances fondées sur lui, son attitude lui vaudra 
d’être remercié sous l’un ou l’autre prétexte (1). 
Dans l'industrie dentellière, le truck-system est pra 
tiqué indistinctement par tous les facteurs dans 
presque toutes les localités. A Lierre et à Kiel- 
drecht, les paiements se font tantôt en argent, tantôt 
en nature ; mais les ouvriers payés en argent sont 
moralement forcés de se fournir dans les boutiques des 
facteurs. Quelques facteurs laissent leurs ouvriers libres 
de ne dépenser chez eux qu’une partie de leur salaire, 
d’autres les contraignent à dépenser le tout, et les den 
tellières n’osent point réclamer ; elles craignent trop 
de ne plus avoir de travail ou de ne recevoir que du 
mauvais ouvrage (2). Presque partout, les facteurs qui 
pratiquent le truck-system exploitent l’ouvrière d’une 
façon révoltante ; ils forcent les brodeuses à se fournir 
de certaines marchandises chez des bouchers, épiciers, 
boulangers de leur connaissance, avec lesquels il par 
tagent ensuite les bénéfices (3). 
Quant le tisserand des Flandres a touché le prix de 
sa toile, c’est le moment pour lui de faire les achats 
nécessaires à son ménage. Souvent la boutique du con 
tremaître est la seule bien fournie dans la hameau ou 
le village. Mais, même quant il a le choix, le tisserand 
y fera de préférence ses emplettes, pour se concilier 
les bonnes grâces de son chef qui pourrait user de 
(1) Ib. p. 45. 
(2) Ib. v. V, p. 144. 
(3) Ib. p. 445.
	        
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