(1) Emile Vanderveldè. La propriété foncière en Belgique. Paris,
1900, p. 137.
8S ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
Déjà sous la domination espagnole, le gouvernement
provoqua des défrichements par la concession de ter
res vagues (1572-1G86). L’ordonnance de Marie-Tliérèse
du 23 juin 1772 décidait que les terres vagues des
communes et des corporations devaient être immédia
tement vendues. Enfin, une loi du 25 mars 1847 auto
risa le gouvernement à faire vendre les biens commu
naux qui n’étaient pas mis en valeur, quand la con
cession en était demandée par les particuliers. Cette
loi amena la vente de 33.000 hectares de 1847 à 1860
et depuis lors les aliénations se sont poursuivies.
La disparition de ces restes de la propriété primi
tive est intimement liée à la formation du prolétariat.
Quand en 1847 la loi qui devait entraîner la destruc
tion d’une grande partie du domaine communal fut dis
cutée, les députés du Luxembourg la combattirent éner
giquement. Ils firent valoir — et leur raisonnement s’ap
pliquait également à la Campine — que les « bruyères
communales sont les ressources les plus assurées des
habitants pauvres. Elles leur permettent de tenir quel
ques têtes de bétail sur le pâturage commun : leur
fournissent la litière de ce bétail et la couverture
de leur chaumière et en outre dans certains lieux,
une portion d’essarts qui leur procurent en partie le
pain nécessaire à la subsistance de leurs familles (1).
On fit valoir que dans le Luxembourg le nombre de