RENSEIGNEMENTS STATISTIQUES ;
plus répandu est celui de 5 à 10 francs comme on devait s’y attendre,
et 82 pour cent de ces ménages n’avaient qu’un revenu inférieur à
15 francs par semaine.
Une observation s’impose : toutes ces indications reposent sur les
déclarations, vérifiées il est vrai, par le Comité local, contrôlées en cas
de doute, de réclamations ou d’autres circonstances par les contrô-
leurs du service provincial. Il n’y a pas de doute que bien des ressour-
ces nous furent cachées, bien des salaires diminués ou celés. Les indi-
cations de ces tableaux sont donc d’une manière générale, inférieures
à la réalité, mais nous ne saurions dire dans quelle mesure. Il est
vraisemblable en tout cas que les nombres proportionnels gardent
leur significtaion.
Le dernier tableau, le tableau K, échappe à cette critique, car
il ne renferme que des données exactes, du plus haut intérêt. Il répartit
les ménages d’après le montant des secours reçus par semaine et d’après
leur composition.
Si l’on y suit la courbe de fréquence des ménages d’après le secours
reçu (dernière ligne du tableau) on aperçoit d’abord qu’elle a deux
«modes » c’est-à-dire deux maxima : il y à 13.173 ménages recevant
2fr. 01 à 3 francs et 15.063 recevant 4 fr. 01 à 5 francs, tandis que le
groupe intermédiaire, de 3fr.01 à 4 francs est plus faible : 4.599 ménages.
Cela provient de ce que la variation du secours n’est pas uniforme. Le
groupe de 2 à 3 francs est fort nombreux parce que l’indemnité du
chômeur complet est de 3 francs: de même le groupe de 4 à 5 francs est
plus nombreux encore, parce qu’il comprend le type fréquent du chô-
meur avec ménagère, dont les secours sont de 4 fr. 50 par semaine.
Si l’on recherche les cas les plus fréquents, on verra que le plus
fréquent de tous est le ménage d’une personne recevant un secours
de 2 à 3 francs. Ce sont probablement, pour le grand nombre, des
chômeurs isolés.
Ensuite viennent les ménages de deux personnes, recevant 4 à
5 francs, dont le type est le ménage comprenant un chômeur et une
ménagère. Ils sont suivis par le groupe des ménages de trois personnes,
recevant le même secours, puis par celui des ménages de quatre per-
sonnes recevant de 5 à 6 francs. Les autres nombres sont inférieurs.
La moyenne arithmétique du secours par ménage ne dirait pas
grand”chose. Mais nous tirons de notre tableau que la moitié des ménages
recensés ne recevait pas plus de 5 francs : la médiane se place à 4.367 fr.
et 80,65 pour cent ne recevaient pas plus de 7 fr. par semaine.
Ainsi, se confirme notre observation, souvent répétée, que le secours
de chômage était très faible, étant donné surtout les circonstances
et le coût élevé de la vie.
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