Full text: Le secours de chômage en Belgique pendant l'occupation Allemande

CHAPITRE XXVI 
Le Fonds de chômage de Gand 
Le Fonds de Chômage de Gand mérite une étude particulière pour 
plusieurs raisons. D’une part, c’était l'institution d’assurance-chômage 
la plus fortement organisée avant la guerre, et d'autre part, elle eut 
ce privilège incroyable de vivre pendant toute l'occupation allemande, 
à côté du Secours Chômage du Comité National, grâce au soutien 
de la Ville de Gand, et à la vigilante sollicitude de ses dirigeants. Le 
phénomène est d’autant plus intéressant que Gand se trouvait dans 
la zone d’étapes et par conséquent était soumise à un régime militaire 
plus sévère que le reste du territoire occupé. En outre, nous avons 
de son histoire une monographie complète, rédigée en 1920 par 
son président, M. Louis Varlez. 
Il n’est pas sans intérêt de constater d’abord que la période 
précédant immédiatement la guerre avait été, pour la ville de Gand 
et ses environs, une période de prospérité, où le chômage avait été 
extraordinairement faibie. En 1912, le nombre d’ouvriers chômeurs 
indemnisés par le Fonds n’avait pas dépassé en moyenne | pour cent 
des ouvriers affiliés au Fonds ; en 1913, la moyenne était 1,4 pour 
cent, chiffre qui n’avait jamais été aussi bas, pendant seize années 
antérieures. On avait même touché, en octobre 1912, et en avril 1913, 
le taux de 5 chômeurs par 1.000 affiliés, qui est, pratiquement, égal 
à Zéro. 
L'année 1913 est celle de l’Exposition Universelle de Gand, qui 
attira de la main-d’œuvre étrangère, laquelle fit relever légèrement 
le chômage des syndiqués indigènes, notamment au moment de la 
fermeture de l’Exposition, mais toujours dans de faibles proportions, 
jusqu’en-1914. 
M. Varlez donne les statistiques mensuelles syndicales du chômage 
de 1895 à 1914. On y constate d’une manière générale, une réduction 
constante du chômage indemnisé à Gand. 
Nous avons également les chiffres proportionnels pour chacune 
des dix branches principales de l’industrie gantoise. On y voit qu’elles 
sont solidaires l’une de l’autre pendant les années de prospérité et 
de crise, et que les industries les plus atteintes par le chômage sont 
toujours celle du bâtiment et les industries alimentaires ; les moins 
atteintes, les industries textiles et les employés.
	        
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