Full text: Le secours de chômage en Belgique pendant l'occupation Allemande

54 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCOUPATION ALLEMANDE 
ses recommandations ne furent pas partout et d’une façon absolue, 
exécutées de la même manière. On trouva parfois des comités locaux 
qui n'avaient organisé que fictivement leur section secours : c’étaient 
les mêmes personnes qui géraient en fait les deux départements. 
En ce qui concerne le Secours Chômage, le Comité National avait 
demandé encore une spécialisation nouvelle : le Secours Chômage 
ne devait pas être administré par les comités locaux de secours, mais 
par des Comités spéciaux, comprenant des personnes familiarisées 
avec les questions ouvrières, tout particulièrement des hommes 
d’œuvres, des patrons, des représentants d’organisations ouvrières. 
En outre, il était recommandé d’utiliser les organisations ouvrières 
elles-mêmes, syndicats ou caisses de chômage, pour la distribution 
des Secours. 
Ces instructions ne laissèrent pas que d’embarrasser un certain 
nombre de comités et ne reçurent pas partout la même exécution. 
D’une part, il se trouva certaines régions où l’on ne put ou ne 
voulut faire appel à des compétences en matière de chômage. Là, 
le Comité de Secours resta le seul Comité du Secours Chômage. Ailleurs, 
on se contenta d’adjoindre quelques personnes — généralement 
trois — au Comité local de Secours, qui continua à être le véritable 
et seul organe de distribution. 
D’autre part, la collaboration avec les organisations ouvrières ne 
fut pas jugée partout possible ou souhaitable. En fait, elle resta 
limitée à l’agglomération bruxelloise, à la ville de Gand, et quelques 
parties du Hainaut. Quand la question vint en discussion au Comité 
provincial de Liége, elle fut finalement tranchée par la négative, de 
l’assentiment même des représentants de la classe ouvrière organisée 
au Comité provincial. Ils prévoyaient, en effet, qu’à l’occasion de la 
distribution du Secours Chômage, une lutte allait s’établir entre les 
organisations ouvrières de diverses nuances, qui ne serait pas à l’avan- 
tage de la bonne organisation. On reconnut aussi que les motifs qui 
militaient, auparavant, en faveur de la distribution des secours par 
les syndicats, avaient certainement perdu de leur valeur actuelle : 
en effet, la surveillance et l’administration des secours sont efficaces 
quand le syndicat contribue de ses deniers à la formation du fonds 
à distribuer ; il est alors directement intéressé à dépister la fraude et 
enclin à l’économie. Il n’en est pas de même quand il s’agit de répartir 
des fonds provenant exclusivement d’un autre organisme. La force 
et l’organisation des associations ouvrières étaient d’ailleurs très 
variables, de région à région, même dans une province déterminée. 
Elles dépendaient, en vérité, des capacités de leurs dirigeants. Aussi; 
au lieu de faire appel directement aux organisations ouvrières comme
	        
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