Full text: Le secours de chômage en Belgique pendant l'occupation Allemande

56 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE 
semble, on parvint à conserver une tenue des âmes qui fut un grand et 
profond enseignement. 
La nomination des Comités locaux de chômage était dans la com- 
pétence des Comités provinciaux. Là où un service spécial provincial 
était organisé, c’était à ce service qu’il appartenait de faire des pro- 
positions de nominations au Comité provincial, de veiller au bon 
fonctionnement des Comités et au maintien de leur caractère de 
neutralité politique. On se rendra compte du travail que représentait 
cette tâche primordiale quand on se rappellera qu’il y avait plusieurs 
centaines de comités locaux par province (342 à Liége, par exemple) 
et qu’il fallait être constamment au courant de la situation respec- 
tive de tous les membres. 
Le rôle des Comités locaux consistait essentiellement à distribuer 
les secours conformément au règlement adopté par le Comité National, 
transmis, commenté et au besoin modifié par le Comité provincial. 
C’était le Comité local qui dressait la liste des chômeurs, c’est-à-dire 
qui procédait à l’admission de ceux-ci — tâche difficile, parce qu’il 
s’agissait de confronter la réalité vivante avec les textes, et ingrate, 
parce qu’elle exposait aux récriminations, aux rancunes, aux colères 
de ceux qui se voyaient refuser ou réduire un secours, ou qui croyaient 
avoir des titres à en recevoir un plus élevé. Dans plus d’un endroit 
et en plus d’une occasion, l’admission aux secours donna lieu à des 
scènes de violence. Un recours était d’ailleurs ouvert au Comité 
d’arrondissement, d’abord, au Comité provincial ensuite, c’est-à-dire 
là où un service spécial était organisé, au service provincial du chô- 
mage. Ces juridictions eurent, dans l’ensemble, beaucoup moins 
de recours à juger qu’on aurait pu le craindre au début. 
La distribution même des secours ne se faisait pas en totalité en 
argent, comme nous le verrons : les secours devaient être donnés en 
nature, c’est-à-dire en vivres, ét c’était sous forme de bons utilisables 
soit exclusivement dans les magasins ou aux dépôts du Comité, soit 
dans les magasins communaux, soit même chez les commerçants 
particuliers. Nous aurons l’occasion plus loin d’étudier quelques-uns 
des systèmes qui furent adoptés pour exécuter ces prescriptions. 
À raison de l’indépendance des Comités provinciaux et mêmes locaux, 
ces systèmes furent très variés. 
Nulle part, on ne s’en tint à la distribution intégrale du secours 
en nature, soit à certains moments pour la totalité du secours. C’était 
au Comité local, responsable des fonds qui lui étaient remis, à orga- 
niser le paiement aux chômeurs. Dans certaines agglomérations ce fut 
un travail d'organisation considérable, exigeant une attention et 
une surveillance astreignantes. Tout chef de ménage de chômeurs
	        
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