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122 G. V. PLÉKHANOV 
il n’avait qu’allongé (en proportion des matériaux accumulés 
pendant quarante ans) la liste d’exemples de changements con- 
sidérables et soudains que Darwin avait rassemblés en abon- 
dance dans ses deux livres. Anssi Korjinsky n’a-t-il jamais com- 
pris la différence existant entre le simple changement et l’adap- 
tation, c’est-à-dire ce qui est le principal dans le darwinisme. 
Il faut encore remarquer que la tentative de De Vries, de Kor- 
jinsky et autres ne changeait ni n’ajoutait rien aux conceptions 
fondamentales de Darwin, même en ce qui concerne la ques- 
tion partielle de la variabilité. Darwin, lui aussi, admettait le 
changement brusque, par bonds, et le changement graduel, et 
rien n’oblige, maintenant non plus, à attribuer au premier une 
valeur non seulement exclusive, mais même prédominante » 
(K. Trmirrazev : Les traits fondamentaux du développement 
de la biologie au x1x° siècle, Moscou 1908, p. 94-96). 
A propos, Armand Gautier, qui a été cité par Plékhanov, 
l’a été, vraisemblablement, à la place d’Alexis Jordan. Les mé- 
rites de Gautier, chimiste éminent, ont trait à un domaine 
tout à fait différent. C’est à lui qu’il faut attribuer les travaux 
démontrant l’unité de la matière organique et inorganique. 
Que « les bases de la théorie de Korjinsky et de De Vries 
se soient avérées assises sur un terrain peu solide », c’est ce 
que doit reconnaître le professeur L. S. Berg, l’un des partisans 
les plus modernes de la théorie de l’évolution des espèces « par 
bonds » (Théorie de l’évolution, Pétrograd 1922). Dans son 
volumineux ouvrage intitulé : Monogénèse ou évolution con- 
forme aux lois naturelles (Pétrograd 1922), il continue à igno- 
rer les réfutations de Timiriazev et, pour prouver que l’évolu- 
tion procède « par bonds, paroxysmes, mutations », il oublie 
les rectifications apportées par Darwin lui-même à sa doctrine. 
Tout comme chez Korjinsky ou Danilevsky, on voit percer chez 
le professeur Berg l’intention de réintroduire dans la science, 
sous le couvert de l’évolution « régulière », le principe de la 
« finalité interne de tout ce qui vit ». 
Plékhanov pourrait maintenant se référer à la théorie des 
« quantes » de Planck, qui introduit également les « bonds, » 
dans le monde des processus électro-mécaniques. Cette « quante » 
elle-même — élément d’énergie — est une différence qualitative, 
qui est le résultat de changements quantitatifs. De même qu’il 
faut une certaine accumulation d’argent — transformation quan- 
titative — pour obtenir le minimum, la k quante » nécessaire 
à la transformation de cet argent en capital, de même, selon 
la théorie de Planck, l’énergie électrique doit s’accumuler -— 
transformation quantitative — jusqu’à ce que soit obtenue la 
« quante », portion d’énergie produisant un effet déterminé. Il
	        
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