L’ASSOCIATION POUR LA PRODUCTION =.
sociétés à constituer des actions-travail qui participeraient
aux bénéfices et à la direction sur le même pied que les
actions-capital. Cette forme nouvelle de société, dite « à par-
ticipation ouvrière », reste jusqu’à présent facultative. Mais
d’autres projets de loi sont pendants pour imposer cette
participation à toutes les sociétés qui seraient concession -
naires de services publics — mines, chemins de fer,
tramways, etc.
4o Garanties pour l'Etat. — Celles-ci surgissent sous des
formes multiples. Les unes ont pour but de tenir en bride la
puissance des sociétés au cas où elles deviendraient des
Etats dans l’Etat. D'autres ont pour but d’empèêcher la péné-
tration des capitalistes étrangers et leur mainmise sur lcs
richesses nationales par la constitution de sociétés soi-disant
nationales, D’autres enfin visent les titres au porteur et les
suppriment pour ne permettre que l'émission de titres nomi-
natifs — en vue d’abord d'empêcher les évasions fiscales,
puis aussi de permettre de reconnaître les capitaux étrangers
d’avec les capitaux français.
Nous ne pouvons entrer dans l'examen de ces questions
qui sont surtout juridiques et pour lesquelles nous renvoyons
aux livres spéciaux. Nous ferons remarquer seulement que
la société par actions étant par sa nature adaptée aux entre-
prises aléatoires et aventureuses, on risque, en la sou-
mettant à un contrôle trop rigoureux, de lui enlever ce qui
fait sa raison d’ètre.
Il est des économistes qui pensent que la société anonyme
est destinée non seulement à devenir le mode type de toutes
les entreprises mais encore à s'étendre à tous les domaines
de l’activité humaine, notamment à tous les services publics.
Nous ne le souhaitons pas. L’anonymat, c’est-à-dire le fait de
n’associer que des capitaux et non des individualités, supprime
presque toute responsabilité, mais cette irresponsabilité, qui
est une force au point de vue économique, est une infériorité
au point de vue moral.
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