‘ APPENDICE
dant la preuve que les avantages dépassent les dommages c’est que
même s'il était possible de revenir aux prix d'avant la guerre, par la
déflation, on n’oserait pas s’y risquer. ‘
Page 321. — La quantité de monnaie-papier émise aujourd’hui
dépasse actuellement celle des assignats (58 milliards au lieu de 45)
et pourtant la dépréciation de la monnaie reste encore loin de
celle des assignats. Mais ceci s'explique : d’abord parce que la confiance
du public dans le relèvement ou la stabilisation du billet de banque
est beaucoup plus grande que n’était celle pour les assignats, et aussi
parce que la quantité de monnaie existant à la fin du 18° siècle était bien
moindre que celle de la France en 1914; probablement n’y avait-il pas
1 milliard en circulation, en sorte qu'elle s’est trouvée multipliée par 50
au plus, tandis que de 1914 à 1926, elle n’a été multipliée que par
un peu plus de 5 — jusqu'à présent du moins.
La dépréciation, quand elle dépasse une certaine limite, dépasse la
vitesse d'accroissement de l’émission, en sorte qu'on arrive à ce fait
paradoxal que plus on émet de papier-monnaie et plus la disette de
monnaie augmente. C’est ce qui s'est passé en Allemagne en 1923.
Page 325 in fine. Les yeux du public ont fini par s'ouvrir et aujour-
d'hui nul n'ignore en France que la hausse des prix est due pour laplus
grande part à la baisse du franc. La loi de 1916, qui n'avait d’autre
but que de cacher au public cette dépréciation, n’a donc plus de rai-
son d'être. On va bientôt, semble-t-il, réintroduire légalement la mon-
naie d'or, sinon matériellement, du moins comme étalon facultatif, dans
les contrats. Alors le dédoublement des prix — prix en or, prix en
papier — apparaîtra : je n’y verrai que des avantages.
Page 332. — Le portefeuille de valeurs étrangères a été en grande
partie anéanti par la guerre : d’abord par l’insolvabilité de certains
gros débiteurs (Russie), puis par les ventes d’une partie de ces titres
au cours de la guerre, et surtout par la fuite de ces valeurs traquées
par le fisc. Aujourd'hui les valeurs en dépôt à l’étranger y vivent
cachées et ne servent plus à rétablir notre balance des comptes, parce
que leurs possesseurs incriminés de fraude, parfois sans raison, n'osent
plus faire rentrer leurs revenus et les laissent s'accumuler à l'étranger.
Page 332. — Les dépenses des touristes étrangers sont évaluées
aujourd'hui à un chiffre bien supérieur, même en les traduisant en
francs d’or, comme étaient ceux d'avant la guerre. C’est précisément la
dépréciation de notre franc qui fait affluer les étrangers. La France est
aujourd'hui, de tous les pays, celui où le possesseur de dollars, livres,
florins ou marks, peut vivre à meilleur marché.
Page 338. — L'excédent des exportations sur les importations a été
de 1 400 millions francs environ au cours de chacune des années 1924
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