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Il ne serait pourtant pas sans intérêt de réunir des séries statistiques indiquant
le coût absolu de la main-d’œuvre nécessaire pour obtenir une unité d’un produit
courant (le blé par exemple) dans un certain nombre de pays.
V. DÉFINITION DES FRAIS (suite) — L'INTÉRÊT DU CAPITAL —
LE LOYER — LEUR RAPPORT AU RENDEMENT NET
La question des produits consommés sur place n’est pas la seule difficulté
que soulève l’adoption d’une définition uniforme des frais (et de la production
brute qui servira à déterminer la production nette).
Une deuxième difficulté surgit en relation avec la question de savoir à quel
chapitre faire figurer les différentes formes d'intérêt sur le capital utilisé dans
l’agriculture. Cet intérêt doit-il être considéré comme faisant partie du rendement
net ou comme rentrant dans le compte des frais et, d’autre part, quel est son mon-
tant exact ?
On peut soutenir à certains égards que l'intérêt sur le capital est une partie
du revenu total de l’industrie agricole et qu’il devrait être traité comme tel, c’est-
à-dire comme un profit ou comme une partie du rendement net !. L'intérêt est
après tout la somme gagnée par le capital et non la somme dépensée et si le capital
agricole contribue à la production agricole — ce qui est incontestable — l’intérêt
sur le capital agricole fait partie du revenu total de l’agriculture. Toutefois, en
pratique, lorsque le fermier est simplement locataire, la fraction de l’intérêt sur
les capitaux fixes qui se présente sous la forme d’un loyer lui apparaît si naturel-
lement comme un élément des frais qu’il aurait peine à concevoir une autre méthode.
Dans les pays où la majorité des exploitations détiennent leurs fermes en location,
les offices de comptabilité agricole portent presque toujours le loyer (et les taxes)
au compte des frais.
Il est certain que la question fournit matière à discussion, mais nous serions
portés à croire que, pour la comparaison internationale des données relatives au
travail, la meilleure méthode consisterait à éliminer le loyer du compte des frais.
Quoi qu’il en soit, la question du loyer se trouve simplifiée par le fait qu’il s’agit
en l’espèce d’une somme connue qui figure sur les livres du fermier. L'intérêt
sur le capital d’exercice, par contre, soulève un problème beaucoup plus compliqué.
Indépendamment du fait qu’il peut être considéré, soit comme un élément des
frais, soit comme faisant partie du rendement net, il est assez difficile de fixer un
intérêt « équitable », et cette question soulève d’interminables discussions. Il est
admis, en principe, que la somme prélevée sur les profits annuels à titre d’intérêt
sur le capital d’exercice doit être suffisante pour payer au fermier un intérêt pou-
vant être considéré comme équitable relativement à celui que ce capital lui aurait
! Il est admis de manière tout à fait générale que l’intérêt sur les emprunts extérieurs
peut être porté au compte des frais. Cependant, nous n’avons pas toujours suivi cette méthode.
I nous a semblé préférable de comparer en premier lieu le coût du travail aux frais de caractère
technique comme le fourrage, les semences, l’outillage, les engrais, etc.
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