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Zélande quel était son programme. Il répondit: Mon program-
me est simple, dix shillings par jour ! Ce sont les partis et leur
idéologies qui ont plaqué sur ce mouvement des finalités qui
manifestement le dépassent.
« Cette loi, qui est vraiment fondamentale, envisage deux
économies, l’économie industrielle et l’économie agricole.
« Dans cette considération, les deux économies suivent
deux lignes parallèles. A un certain point, l’économie agricole
arrive au tribunal obligatoire, c’est-à-dire à l'obligation.
L'économie industrielle s'arrête par contre au plan de la simple
faculté.
« J’estime qu’une loi ainsi faite reste mutilée; j'estime qu'il
faut faire faire un pas en avant à l’économie industrielle ou un
pas en arrière à l’économie rurale. En somme, faculté ou
obligation à l’une comme à l’autre. C’est que j'estime en effet
qu’il n’y a pas de séparation nette entre les deux économies,
s’il est vrai — et la chose est vraie, en effet — que l’agriculture
s’industrialise, s’il est vrai que certaines des plus grandes in-
dustries de notre pays, les industries textiles et les industries
chimiques, tirent leur matière première des produits de la terre.
«Il n’est point jusqu’aux chastes vaches dont parlait
hier soir mon ami Barbiellini dans son discours baigné de par-
fums agrestes qui ne donnent lieu à une industrie de grande
importance, la fromagerie. De même la vigne est la base de
l’industrie œnologique et ainsi de suite.
«Je crois, au contraire, que l’on doit arriver à une con-
ception unitaire de l’économie nationale. Le blé qui reste,
ou qui restait, non moissonné dans les champs constituait
assurément un désastre; mais parfois aussi, une grève qui
interrompt la production dans un moment délicat où se
déchaîne la concurrence internationalé, peut engendrer des
conséquences plus graves encore.
«Il faut avoir le courage de s’aventurer même dans les
terrains que l’on veut faire croire inexplorés et pleins de sur-
prises. Il n’y à pas de lions, et du reste, les lions ne sont que
de prétendues bêtes féroces !
«Le siècle libéral n’a reconnu que très tard le droit de
coalition et de grève. L’Angleterre l’a reconnu en 1825, la
France en 1864, la Belgique en 1866, l'Italie en 1900. Mais
aussitôt ce droit reconnu, on a entrevu la nécessité de régler
cs droit, qui est un acte de guerre entre les classes. Et toute
la législation s’est placée sur ce terrain.
An