Full text: La réforme syndicale en Italie

= 103 —= 
Zélande quel était son programme. Il répondit: Mon program- 
me est simple, dix shillings par jour ! Ce sont les partis et leur 
idéologies qui ont plaqué sur ce mouvement des finalités qui 
manifestement le dépassent. 
« Cette loi, qui est vraiment fondamentale, envisage deux 
économies, l’économie industrielle et l’économie agricole. 
« Dans cette considération, les deux économies suivent 
deux lignes parallèles. A un certain point, l’économie agricole 
arrive au tribunal obligatoire, c’est-à-dire à l'obligation. 
L'économie industrielle s'arrête par contre au plan de la simple 
faculté. 
« J’estime qu’une loi ainsi faite reste mutilée; j'estime qu'il 
faut faire faire un pas en avant à l’économie industrielle ou un 
pas en arrière à l’économie rurale. En somme, faculté ou 
obligation à l’une comme à l’autre. C’est que j'estime en effet 
qu’il n’y a pas de séparation nette entre les deux économies, 
s’il est vrai — et la chose est vraie, en effet — que l’agriculture 
s’industrialise, s’il est vrai que certaines des plus grandes in- 
dustries de notre pays, les industries textiles et les industries 
chimiques, tirent leur matière première des produits de la terre. 
«Il n’est point jusqu’aux chastes vaches dont parlait 
hier soir mon ami Barbiellini dans son discours baigné de par- 
fums agrestes qui ne donnent lieu à une industrie de grande 
importance, la fromagerie. De même la vigne est la base de 
l’industrie œnologique et ainsi de suite. 
«Je crois, au contraire, que l’on doit arriver à une con- 
ception unitaire de l’économie nationale. Le blé qui reste, 
ou qui restait, non moissonné dans les champs constituait 
assurément un désastre; mais parfois aussi, une grève qui 
interrompt la production dans un moment délicat où se 
déchaîne la concurrence internationalé, peut engendrer des 
conséquences plus graves encore. 
«Il faut avoir le courage de s’aventurer même dans les 
terrains que l’on veut faire croire inexplorés et pleins de sur- 
prises. Il n’y à pas de lions, et du reste, les lions ne sont que 
de prétendues bêtes féroces ! 
«Le siècle libéral n’a reconnu que très tard le droit de 
coalition et de grève. L’Angleterre l’a reconnu en 1825, la 
France en 1864, la Belgique en 1866, l'Italie en 1900. Mais 
aussitôt ce droit reconnu, on a entrevu la nécessité de régler 
cs droit, qui est un acte de guerre entre les classes. Et toute 
la législation s’est placée sur ce terrain. 
An
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.