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ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
prises ne savent pas résister aux orages des temps ;
elles échouent facilement devant le moindre obstacle.
Une crise politique ou économique suffit pour les faire
disparaître.
Pour avoir une certaine force de résistance, l’indus
trie a besoin de capitaux dès le début.
Uu temps de l’Empire, c'était Napoléon qui subsi-
diait l’industrie. Le fondateur de la fonderie de canons
à Liège, Périer, par exemple, a obtenu de lui des
avances successives qui se montèrent à 1.700.000 frs (1).
Pendant la domination hollandaise, le Roi Guillaume
et le Gouvernement mirent à la disposition de l’indus
trie de grands capitaux, qui permirent à beaucoup de
grandes entreprises de se constituer, telles les usines
de Cockerill et du Phénix à Gand.
Cockerill obtint du Roi non seulement le Château
de Seraing, pour une somme inférieure au dixième de
sa valeur (c’est là qu’il installa son usine), mais aussi
des prêts d’argent jusqu’à concurrence d'une somme
de 300.000 florins “ à titre d’encouragement et pour le
perfectionnement de son industrie ».
Eu 1825, pour régler le compte des avances qu’il
avait reçues et fortifier sa situation et ses ressources
financières, John Cockerill vendit au Gouvernement
des Pays-Bas, la moitié de son usine de Seraing pour
un million de florins. « C’était alors, écrit le biographe
du grand industriel, la seule opération qu’il pût faire
et par la protection éclairée du roi, pour se procurer
(4) Franquoy. 1. c. p. 382,