LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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des environs de Lima ont de magnifiques plantations
et jardins, et des habitations d’une construction riche et
élégante.
VI. — Après avoir été des plus prospères, pendantlapé-
riode incasique, l’agriculture péruvienne fut presque to
talement abandonnée sous la domination espagnole ; des
régions fertiles jusque-là, parce que savamment irriguées,
redevinrent stériles, toute la main-d’œuvre étant en
voyée dans les mines qui seules étaient fiévreusement
exploitées.
Depuis que le Pérou a reconquis son indépendance, les
habitants se sont attachés peu à peu à redemander au sol
toutes les richesses qu’il peut produire ; les résultats
furent des plus encourageants, outre une multitude de
chacras, un grand nombre d’haciendas se sont élevées et
ont rapidement prospéré partout où existent quelques
voies de communication.
Sur beaucoup de points du littoral, l’agriculture est
très avancée, il y existe un certain nombre d’établisse
ments agricoles importants qui emploient un outillage des
plus perfectionnés, et qui utilisent les procédés les plus
nouveaux de l’agronomie moderne. Dans toutes ces
grandes haciendas (1) il y a des directeurs techniques,
Pourrait-on dire, des agronomes français, anglais, alle
mands, américains.
(1) Le mot hacienda ne désigne pas toujours, comme on le croit géné
ralement, une immense exploitation agricole, avec d’imposantes cons
tructions, dont la partie réservée aux maîtres renferme tout le confort
que comporte le luxe moderne. Ces établissements ne sont pas encore
très nombreux, et on les trouve seulement à une courte distance des
grandes villes, à proximité des lignes ferrées, des principales voles dé
communication ou à proximité de cours d’eau navigables. (Le modèle
type de ces établissements est l’hacienda d’In/imte à quelque distancede
Lima, sur la route de Chorrillos). Une hacienda signifie exactement • do
maine rural d’une étendue plus ou moins considérable. Dans la plupart