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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
avoir franchi les derniers chaînons des Andes, on n’aper
çoit plus qu’une immense mer de verdure, qui se prolonge
sur plusieurs milliers de kilomètres jusqu’aux rives de
l’Atlantique. Ces forêts renferment les essences les plus
riches et des produits de grande valeur commerciale,
comme le quinquina et le caoutchouc.
IV. —L’énorme territoire constitué par la Montana ne
forme qu’une seule division administrative, le départe
ment de Loreto, qui, s’il est le plus vaste et le plus riche
du Pérou en ressources de toutes sortes, en est en même
temps le moins peuplé. Les endroits cultivés sont relati
vement rares sil’on considère l’immensité du territoire, ils
sont occupés par des plantations de cannes àsucre, de coca,
de caféiers, de cacaoyers, de tabacs. Les établissements les
plus avancés s’occupent en outre de l’exploitation du
caoutchouc et des plantes médicinales qui sont la source
d’importants bénéfices, comme nous le verrons plus loin.
Cependant, si l’on consulte une carte du Pérou, on
s’aperçoit qu’elle contient un grand nombre de noms, que
l’on pourrait prendre pour ceux de quelques villages ou
localités de quelque importance. Le plus souvent ce ne
sont là que des expressions géographiques, le nom d’une
exploitation isolée et parfois abandonnée ; dans d’autres
cas, c’est celui d’un village ou d’un campement indien, qui
par moments se déplace au gré de la fantaisie de ses habi
tants, de sorte que cette vaste région ne possède qu’une
population approximative de 130.000 habitants, en comp
tant les cahuchero ou seringueiros venus de l’Amazonie
brésilienne.
A la tête de cette grande division territoriale, le gouver
nement de Lima s’efforce de placer des fonctionnaires
d’élite et des plus méritants, les plus aptes à diriger les
affaires de la région qui reste toujours fort éloignée de