32 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
ou huit ouvriers (1). D’après Thomassin, les 18 entre
prises du département de l’Ourthe (fourneaux et forges)
occupaient 335 ouvriers ; la plus grande 100, les autres
40, 12, 6, etc. (2). Mais les ouvriers travaillant à
abattre le bois, à le réduire en charbon, etc. étaient
dix ou douze fois plus nombreux.
Pour une forge de Prêle et Sainte-Ode occupant 44
ouvriers, par exemple, 250 ouvriers travaillaient dans
les bois pour préparer la combustible. Pour une autre,
employant 31 ouvriers dans les établissements, 460 tra
vaillaient dans les forêts des alentours (en 1764) (3).
« Les fabriques de fer occupent plus de 8000 ouvriers,
écrit en 1803 le préfet du département de Sambre et
Meuse (Namur) dont quelques-uns, tels que les bûche
rons ne travaillant pour cet objet que pendant la
mauvaise saison, peuvent se rendre utiles à l’agricul
ture » (4).
Nous nous trouvons ici en présence d’une économie
industrielle radicalement différente de celle qui existe
aujourd’hui. La classe ouvrière proprement dite n’existe
qu’en’germe; le travail industriel n’est qu’une occu
pation accessoire des agriculteurs.
A côté des gros marteaux utilisés dans les forges,
il y avait le long de la Vesdre et de l’Ourthe plu-
(4 ) A. Julin : Les grandes fabriques en Belgique vers le milieu du
XVIII e sièc'e. 1903, p. 20.
(2) Thomassin : 1. e. p. 431. (Les 18 entreprises se composaient de 21
fournerux, 19 forges, 37 affineries. 23 marteaux).
(3) A. Julin : 1. c. p, 72, 73.
(4) Peres : Statistique du Département de Sambre et Meuse. Paris,
1817, p. 82. Dans le Comté de Namur, il y avait en 1783, 30 hauts-four
neaux en activité et 48 affineries. Le Voyageur dans les Pays-Bas Autri
chiens, v. VI, p. 237.