fullscreen: L'évolution industrielle de la Belgique

LA BELGIQUE INDUSTRIELLE 
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Des barrières à peine distantes d’une lieue retar 
daient le transport de la marchandise et la marche du 
voyageur. Il y fallait chaque fois payer un droit plus 
ou moins élevé suivant le genre du véhicule et le nombre 
des chevaux (1). « Il faut avoir le courage de le dire, 
écrivait le préfet du département de l'Ourtlie, cet im 
pôt gênant qui arrête le voyageur, le voiturier, l’agri 
culteur à chaque pas, qui les expose à des retards, à 
des tracasseries multiples ; cet impôt, enfin, qui coûte 
tant au peuple et rapporte si peu à l’Etat est une cause 
perpétuelle de dégradation des routes, et le motif d’une 
plainte générale » (2). 
Beaucoup de villes importantes n’avaient pas de com 
munication entre elles. Briavoinne nous dit dans son 
livre, publié en 1839, que les habitants du pays peuvent 
se rappeler, sans remonter à deux générations, qu’il 
n’y avait aucune route praticable pour les voitures en 
hiver entre Verviers et Liège (3). Dans la portion du 
Brabant qui faisait partie du département de la Meuse 
inférieure nous trouvons une situation semblable (4). 
Il est donc clair que la Belgique de la fin du XVIII e 
siècle ne pouvait pas avoir une industrie manufacturière 
importante, produisant pour le marché national, et 
nécessitant par conséquent des communications faciles et 
peu coûteuses. 
(I) Le Voyageur : 1. c. v. II. p. \ H. 
i) Desmousseaux : Statistique du département de l’Ourthe publiée 
par ordre du Ministère de l’Intérieur. Paris, an X, p. 31. 
(3) N. Briavoinne: De l'industrie en Belgique. Causes de décadence et 
de prospérité. Si situation actuelle, v. II, p. 201. 
(4j N. Briavoinne: Mémoire, l.c. p. 103.
	        
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