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L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
la même lorsque Cnide réunit un tribunal de deux cent quatre
hommes à l’occasion du procès pendant entre Cos et Calymne ,
de même que lorsque Mégare envoya un tribunal de cent cinquante
et un hommes juger entre Corinthe et Epidaure .
Cette manière de procéder n’était cependant pas habituelle. Il
était difficile d’utiliser un tribunal ainsi choisi par tirage au sort,
souvent très nombreux et pour ainsi dire ordinaire. La mission e
juger rendait nécessaire de fréquents voyages , des examens e îeux
étaient fréquents; ceux-ci exigeaient des absences assez longues, souvent
aussi une compétence spéciale pouvait être désirable chez les juges.
C’est pourquoi on préférait en règle générale nommer un tribunal
extraordinaire. De cette manière on pouvait tenir compte des con
sidérations nécessaire^ car les juges étaient désignés, non par tirage
au sort, mais au choix. Ce procédé est expressément mentionné
dans une série de cas, par exemple à propos des cinq Rhodiens
qui jugèrent entre Samos et Priène 3 ; le peuple de Mylase choisit
des hommes bons et honorables pour juger entre Magnésie et
Priène 4 ; Lamie nomme des juges pour le tribunal d arbitrage
qu’elle doit constituer 5 ; dans l’assemblée populaire de Magnésie
dix-sept hommes sont choisis pour juger entre Itane et Hiéra-
pytna 6 . De même que dans l’inscription concernant le choix des
juges par Mylase il est dit que ceux-ci étaient bons et honorables ;
il est de même mentionné dans l’affaire qui concerne le port de
Panorme, que les juges furent choisis d’après le cens et la considé
ration 7 . Le tribunal d’arbitrage établi par Philippe de Macédoine,
et composé de cent un hommes des différentes villes de la ligue, avait
été choisi par les villes respectives parmi tous les citoyens d’après
leur considération personnelle 8 .
1 n° LXXIX. — 2 n° L. — 3 n° XXXIV, 3 : aipeû-évTeç vnb toû bijpou toû
‘Pcobicov. — 4 n° LXXIII : èxexpoTÓvi)Oav btxaöTcu; ãvbpaç xaXoûc; xcn àya&oùq. — 5 n°
XXXVIII, 1 : XEipoTOVit&évTEq inxctöTai. — 6 n° LXXIV : xexetpoTovr\pévrov ûxô toû br\poo.
— 7 n° XLIII : aipéiouç xXoimvba xal àpioxivba. — 8 n° XXVII, 1 : atpiJosoQ-ai èx
xávTcov àpiôTÎvbav. Dittenberger dans S 2 I p. 489 renvoie à une parallèle exact
dans l’histoire Romaine : Festus S. V præteriti senatpres : donee Ovinia tribunicia