fullscreen: La Hongrie de l'Adriatique au Danube

11 
LA HONGRIE, DE L’ADRIATIQUE AU DANUBE 
de petites mousses qui fleurissent timidement, et, entre les interstices des 
rochers, des herbes curieuses se hasardent à regarder si le ciel est calme 
et si l’été est venu. Puis s’élevant et grandissant par degrés des arbustes 
rabougris s’abritent derrière de hauts blocs de rocher. A la station de 
Gastua, la transformation est déjà complète. C’est un monde nouveau. 
De petites cabanes se montrent souriantes, à demi cachées sous des rideaux 
de verdure mobile, (pii laissent échapper des bouffées de parfums; les 
haies sont toutes frémissantes d’ailes et de chansons; au sommet des 
peupliers argentés, les cigales font un bruit de crécelle, et des nuées d in 
sectes bourdonnants brillent au soleil comme une poussière d’or. La 
nature rendue à la vie jette son cri de résurrection, entonne un hymne 
de reconnaissance et de joie. 
Quand on a descendu encore quelques gradins de ces terrasses naturelles 
formant des plateaux successifs, nuancés de végétations aux mille formes, 
aux mille teintes et aux mille odeurs, on découvre tout à coup la mer 
bleue et limpide comme un firmament tombé dont les débris étincelants 
encadrent les îles du golfe du Quarnero, qui se déploie dans sa tranquille 
et radieuse beauté, avec ses criques, ses anses, ses promontoires, ses 
rades, ses jolis ports d’une découpure fine et pleine de caprice, et ses côtes 
parées des grâces d’un éternel printemps. Çà et là, comme des nacelles 
aux voiles déployées, des villas blanches se dressent sur les vagues par 
fumées de cette végétation profonde, aux teintes ondoyantes, roulant ses 
fleurs d’orangers et de citronniers comme des franges d’écume. Et, au 
large, sur la mer que le soleil couvre d’une couche de vif-argent, des 
barques de pêcheurs se tiennent immobiles, pareilles à des papillons 
arrêtés sur un miroir. A droite, le Monte-Maggiore, majestueusement planté 
sur ses bases puissantes que recouvre un tapis de forêts, dresse dans 
1 atmosphère d’un bleu foncé d’indigo son cône abrupt de pierre jaune, 
cuivré par le soleil. L’arc harmonieux du golfe décrit ici une longue courbe 
verte tachée de points blancs, petites maisonnettes qui ressemblent, à 
distance, au milieu de leur jardin touffu, à des œufs dans un nid de 
mousse. 
A gauche, on aperçoit Buccari paresseusement couchée, au pied d un 
amphithéâtre ombragé de pampres, au bord de l’eau bleue et dormante 
de sa baie. Et, à l’entrée d’une vallée aux dentelures de rempart, Fiume 
dresse ses clochers aux silhouettes dorées, déroule ses rues poudreuses et 
avance dans la mer les deux bras de son port, comme pour les ouvrir 
amicalement aux navires qui arrivent. L admirable position de cette ville 
rappelle Genève, mais avec quelque chose d oriental, de chaud, de
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.