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en risquant ses conséquences sur les activités immédiates du
Pays.
Mais, Messieurs, nous pensons qu’une troisième solution
existe. Elle est recommandée par nous depuis des années et
l'expérience semble démontrer chaque jour qu’elle doit per-
mettre d’éviter la plupart des redoutables récifs dont nous
avons vu hérissées les routes décrites plus haut.
Nous l’appellerons, faute de mieux, du nom peu harmonieux
de :
REVALORISATION SOUS LE REGIME
DE LA DOUBLE MONNAIF
Dans cette hypothèse et pendant la période de revalorisation,
l’Etat crée, ou peut-être laisse créer, la monnaie de compte,
c’est-à-dire la possibilité pour les contractants de stipuler leurs
engagements, non plus en francs nominaux dont personne ne
peut prévoir la valeur au moment de leur paiement, mais en
une monnaie étalon fixe qui conservera son rôle d’instrument
de mesure et se verra au moment du paiement traduite en
franes au cours du jour.
Précisons par un exemple :
Je construis une maison, et pour la compléter j’emprunte
au Crédit Foncier en monnaie de compte la parité de 50.000
francs or, soit 50 @% de la valeur de construction de mon
immeuble. Au moment de mon contrat, la livre vaut 125 francs
et je reçois 250.000 francs-papier qui me servent à terminer ma
maison. Dix ans plus tard je dois rembourser mon hypothèque,
la livre est à 62,50. Si je n'avais pas conclu en ‘monnaie de
compte, je devrais rembourser la parité de 100.000 franes-or
et, comme les maisons nouvelles se seraient nivellées avec
la valeur nouvelle de la monnaie, je devrais peut-êtré vendre
ma maison et n’avoir pas encore assez pour payer mon créan-
cier,
Comme j'ai stipulé en monnaie de compte, je rembourse
125.000 francs-papier au lieu de 250.000, c’est-à-dire encore,
toutes choses égales d’ailleurs, la même proportion de la valeur
de la maison que j'avais touchée. Quant au Crédit Foncier, la
valeur d’achat de ce que je lui rembourse reste de 50.000
francs-or, et il n’est lésé en rien.
7. STABILISATION OU REVALORISATION