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Un tel régime répond à la fois aux besoins que nous avons
vu également essentiels et alternativement servis et desservis
par la stabilisation ou la revalorisation.
H permet le juste acheminement des contrats anciens de
l’Etat, comme des particuliers vers l’équitable rétablissement
des situations et de la rémunération des services rendus. Il
maintient ainsi à l’Etat un crédit dont il peut avoir besoin
demain.
Il permet cependant le maximum d’activité nouvelle par la
sécurité des contrats nouveaux pendant la période de revalo-
risation,
On comprend mal la résistance que rencontre le recours à
la double monnaie pour sortir de ce qui, sans elle, est une
impasse, Nous voudrions que les patriotes si justement cha-
touilleux sur le prestige du franc y voient le seul moyen de se
diriger vers son rétablissement intégral, sans faillite et sans
ruines.
La méthode a fait ses preuves et le franc lui-même ne fut
pendant de longues périodes de notre histoire qu’une monnaie
de compte valant 20 sous tournois théoriques, et une somme
singulièrement variable de monnaie de règlement au cours du
change.
La monnaie de compte a servi pendant plus de siècles d’his-
toire que le billet échangeable à taux fixe contre l’or, elle a
permis de traverser toutes les périodes troublées. =
Pourquoi s’obstiner plus longtemps à ne pas y avoir recours
pour sortir de nos difficultés actuelles ?
Que l’Etat en limite même l’emploi, s’il le désire, aux
contrats à terme. Et voilà le pays attendant sans désordre dans
son activité essentielle, que sa richesse augmentant, la mon-
naie de règlement vienne se confondre avec la monnaie de
compte.
Et quelle souplesse dans la gérance financière de l’Etat !
Plus de stabilisation définitive à grand orchestre, mais quand
l’Etat le peut, intervention dans le marché de la monnaie de
règlement pour assurer des paliers successifs remplaçant les
dents de scie d’un marché livré à lui-même.
Enfin, si l’Etat répugne à l’aveu de la faillite momentanée
qu’est la double monnaie officielle, qu’il laisse faire. C’était
notre conclusion en 1923. Combien plus forte est-elle aujour-
d’hui !