Full text: Compte rendu des travaux de la Chambre Syndicale pendant lʹannée 1926

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Que cette théorie n’ait pas subi quelques accrocs, que la 
compensation ait toujours été très équitable, que certaines 
industries mieux protégées que d’autres n’aient pas profité de 
certaines circonstances exceptionnelles, je n’oserais pas l’af- 
firmer. Ces inégalités, ce qu’on a pu même appeler ces 
injustices du tarif de 1892, on les voit se perpétuer dans le 
nouveau tarif de 1910 ; et lorsque, après la guerre, on essaya 
par le système des coefficients d’éliminer ces inexactitudes ou 
ces inégalités, nous avons alors assisté à ce spectacle de 
quelques industries plus puissamment organisées, plus habi- 
lement soutenues, qui arrivaient à obtenir des coefficients plus 
protecteurs et une péréquation plus intéressante pour elles. 
Je ne vous cacherai pas que c’est avec l’intention de rétablir 
l’équilibre rompu, de réagir contre les appétits démesurés de 
quelques industries, d’offrir aux pouvoirs publics qui subissent 
parfois avec impatience cet état de choses, un contrepoids 
nécessaire, et de maintenir enfin le tarif douanier dans des 
limites modérées et équitables, que s’est constitué le Comité 
d’Action Economique et Douanière aux destinées duquel j’ai 
l’honneur de participer. 
Mais quittons, si vous le voulez bien, le domaine de la 
théorie. Les questions de doctrine, le choix entre les tendances 
libre-échangistes et les tendances protectionnistes, tout cela 
reste dans l’abstrait, et je crois être d’accord avec vous et avec 
le tempérament réaliste que l’on se plait à reconnaître aux 
commerçants et aux industriels de Marseille, si j'essaie de 
pénétrer les choses de plus près et d’examiner avec vous le 
problème douanier à la lueur des faits. 
L'observation des faits. — Or, dans la vie économique 
actuelle il me semble qu’il y a trois ordres de faits qui doivent 
retenir plus spécialement notre attention. 
Le premier fait, c’est la situation nouvelle créée à la France 
dans l’Europe et dans le monde entier par ce que nous pourrons 
appeler le réveil des nationalismes économiques. 
Le deuxième, c’est cette situation particulièrement trouble et 
difficile qui provient du désaxement des changes, c’est le désé- 
quilibre monétaire dans l’espace et dans le temps. 
Enfin le troisième, conséquence des deux premiers, c’est 
cette crise latente dont apparaissent déjà les premiers 
symptômes : crise de surproduction d’une part et de sous- 
consommation de l’autre. 
Si vous le voulez bien, nous allons essayer de reprendre ces 
trois ordres de faits et de considérer les conséquences qu’ils
	        
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