XII
AVANT-PROPOS
Mais là, encore, trop nombreux sont ceux qui partent sans
savoir où ils vont, ce qu’ils vont faire. Mal renseignés sur les
ressources, les conditions de la vie, les usages du pays qu’ils
ont choisi, les émigrants se trouvent aux prises avec des dé
convenues ; ils tombent dans un découragement prématuré
ou s’égarent dans de fastidieux tâtonnements ; ce sont des
risques que l’on pourrait éviter en partie, en s’instruisant
sommairement, au moins avant le départ, sur toutes ces ques
tions.
Alors que la République Argentine, le Chili, le Brésil, sont
bien connus par de nombreux ouvrages littéraires ou scienti
fiques écrits en français, il n’existe, à notre connaissance,
aucun livre récent donnant des renseignements économiques
généraux sur le Pérou. C’est cependant le quatrième État de
l’Amérique du Sud comme importance territoriale et certaine
ment le plus riche au point de vue des ressources minières et
naturelles.
Cette lacune nous a décidé à entreprendre ce travail, qui a
pour but de présenter aux intéressés certaines connaissances
pratiques sur un pays appelé à prendre un grand développe
ment, car l’ouverture du canal de Panama provoquera dans
cette partie de la côte du Pacifique un mouvement commer
cial considérable, et il est évident que le Callao, grâce au per
cement de l’isthme, deviendra le San Francisco de la côte
sud du Pacifique. Cet ouvrage est surtout une œuvre de vulga
risation sans prétention didactique. Comme malgré deux
séjours au Pérou certaines régions nous sont restées inacces
sibles, nous avons dû réunir des renseignements éparpillés et
souvent contradictoires, reprendre les divers articles et docu
ments que nous avions déjà publiés sur le pays et faire âppel
aux travaux et rapports des écrivains et géographes péruviens,
tels que MM. C. B. CisnerOs, Robledo, Samanez, de ldiaquez,
Capelo, Garland, etc., dont les écrits, corroborés par nos
observations personnelles nous ont paru les plus consciencieux.
Sans le préconiser outre mesure, nous essayons de démon»
trer que le Pérou actuel vaut la peiné que le capitaliste,
l’exportateur et l’émigrant lui accordent toute leur attention.
Les richesses naturelles du pays ne sont encore connues qü’im-
parfaitement et exploitées plus imparfaitement encore faute de