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gile *, et aussi accordait la décharge desrautres impôts (vectigalia)".
PERSISTANCE DE LA CAPITATION PERSONNELLE
Il est enfin une contrée où la persistance de l’impôt de capitation
est indéniable, c’est l’Egypte. Même si l’on se refuse à admettre que
la exypxeh byzantine soit déjà la capitation ou Zi4ypægov de l’époque
arabe*, comment nier qu’il s’agisse d’une capitation personnelle quand
on voit (v° siècle) Aurelius Bamus se porter caution .d’Aurelius
David, du ‘village d’Akis dans le nome Hermopolite, txèp rôv
Bnyoclov 7H abrou n[e]oxhs éxdstou pspropoù* ? On voit aussi les cul-
tivateurs (yewpyet) du bourg de Buto payer par tête leur part d’impôts
(pepiopdc). Un tel et son fils comptent pour 2 ôvépara, un tel et
cinq enfants pour 6 dvépara®. Un Evopz vaut donc une tête *.
Un chapitre bien connu du traité de Lactance, De mortibus. per-
seculorum, trace un tableau pris sur le vif des opérations du cens :
« Alors les calamités fondirent sur le monde et ce fut un deuil
universel : le recensement fut décidé dans les provinces et les cités.
Les recenseurs se répandirent de tous les côtés provoquant une agi-
tation générale. On eut l’idée des horreurs de la guerre et de la capti-
vité. Les champs étaient mesurés motte par motte ; on relevait le
compte des pieds de vignes et des ‘arbres fruitiers, on couchait par
écrit les animaux de toute espèce, on comptait les humains tête par
tête. La plèbe des villes et la plèbe des champs étaient rassemblées
dans les « cités »”, les places étaient pleines de familles, en troupes.
1. Cf. A. Loisy, Les Évangiles synoptiques, +. IL, p. 335.
2. Ce terme s’entend de toutes sortes d'impôts. Voy. Cagnat, dans le. Dict. des
antiquités de Saglio, t. V, 2° partie, p. 665.
3. Hypothèse plus que probable de H. T. Bell, Greek Papyri in the Bristish Museum,
ed. Kenyon et Bell, III, 169.
4. Ibid, V, 1793. Bell rapproche ce texte de deux passages des Oxyrrhrynchi papyri
(X, 1331) et de papytus de Londres (V, 1807) où se rencontrent les expressions
bnép ouvrepias (sic pour ouvreAelas) Tijg 2orpane (sic pour xepadñs) et Drep actixéiv
xepakov.
s. C, Wessely, Studien qur Palæographie und Papyruskunde, XX, 222. 5*
6. « Il ne saurait évidemment être question ici de donner-au mot vou æ son-sens
ordinaire : nom du titulaire des impôts pesant sur une propriété (Pap. Oxyrr., I,
126 ; Pap. du Caire, 67, 117 ; 67, 118 ; 6, 119). On aurait plutôt l’identité ôvoy.x ==
xépadh ; le mot ôvoua signifiant, comme il arrive parfois en grec moderne « per-
sonne », observe Mlle Germaine Rouillard dans son important ouvrage sur l’Admi-
wistration civile de l’Egypte byzantine (1923), p. 72, note 4. .
7- Civitas ne peut s'entendre ici de la ville mais de l'Etat (civitas) dont la ville
était le chef-lieu. Les agents du fisc qui parcourent la campagne — puisqu’ils comp-
tent la terre motte par motte, les vignes pied par pied, les animaux et les hommes
tête par tête — n’ont que faire de convoquer au chef-lieu la population des campa-
gnes : ils la recensent sur place,