LK PÉROU ÉCONOMIQUE
143
ques scolaires comme un des pays dépensant le moins
pour l’instruction publique, et bien souvent les fonds qui
devaient être attribués à l’enseignement étaient mal ré
partis ou avaient un emploi différent.
En raison de l’état stationnaire du pays, la réalisation
de ce problème de l’enseignement exigeait de si coûteuses
dépenses et la stabilité gouvernementale était si précaire,
que la plupart des gouvernements qui se succédèrent jus
que vers 1900, laissèrent les choses telles qu’elles étaient ;
c’est dire que, outre les Indiens Quechuas qui se mon
trent quelque peu réfractaires à l’enseignement, il existe
encore un grand nombre de Péruviens qui ne savent ni
lire ni écrire. Mais dans ces dernières années, le Pérou,
profitant d’une période de paix qui semble définitive, a
consacré à l’instruction publique des ressources et des
soins dont les résultats se feront sentir.
C’est sous l’administration des deux derniers présidents,
MM. Candamo et Leguia, que les progrès dans l’enseigne
ment furent les plus sensibles. Grâce à leur impulsion on
commença par fonder des écoles normales pour la forma
tion des maîtres. On enleva aux municipalités la gestion
scolaire qui dès lors fut sous la surveillance de l’Etat ; les
émoluments du personnel enseignant furent augmentés,
des retraites créées, dont les ressources iront en augmen
tant rapidement, attendu que les fonds qui doivent les
alimenter proviennent d’un impôt de 5 pour 100 sur les
recettes fiscales et de 30 pour 100 sur les recettes dé
partementales. On fit en outre venir d’Europe des pro-,
fesseurs compétents, et enfin, on entreprit la construc
tion d’écoles bâties en harmonie avec les règles les plus
modernes de l’hygiène, écoles qui sont en voie d’achève
ment.
C’est ainsi que pendant ces deux dernières années plus