(1) Rapport Charles Roux sur le budget de i8y8, p. iCo.
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74 LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
France dans une voie, Iruclueuse pour certains spécnlalenrs,
niais daiKjereuse pour les finances de I’Etat et néfaste au
véritalile intérêt national, en déterminant la constitution
d’une (lotte presque uniipiement composée de voiliers.
Qu’on m’entende bien ! je ne prétends pas soutenir que
nous ayons eu tort de construire des voiliers ; notre faute,
notre erreur furent de ne construire que des voiliers.
La naviqation à voiles possède, je le sais, dans tous les
pays de chauds défenseurs. Il faut reconnaître d’ailleurs que
les types modernes qui la représentent sont en tous points
remar([uahles.
«En France, a écrit M. Charles llouxQ), le seul mot de
voilier évoque immédiatement l’idée du pauvre navire en
bois qui uaviquait il y a trente ans. Bien pen de personnes
savent qu’on est arrivé à perfectionner le navire à voiles au
point de le rendre totalement dillércnt de celui d’autrefois.
« Il en est ainsi cependant.
« Grace à l’emploi du fer et de l’acier, on a pu donner
aux navires des formes et des dimensions inconnues il y a
encore peu d’années.
« Grâce à l’emploi des moteurs auxiliaires à vapeur ma
nœuvrant les voiles, les quindeaux, les treuils, etc., il s’est
créé un type de voiliers nouveaux n’ayant de commun avec
l’ancien voilier (jue l’emploi du vent comme jiropulseur.
« Ce voilier a sa place marquée dans les transactions ma
ritimes modernes. »
Et de fait, lorsiju’on visite, comme j’en ai eu l’occasion
fréquente, un voilier moderne et qu’on le compare à ses*
prédécesseurs, on sent qu’il y a entre les deux types la
même différence qu’entre \q fourneau, inventé par Fulton,ou
la Comète^ premier bateau à vapeur faisant le service des