Je. PRINCIPES D’ÉCONOMIE POLITIQUE
presque totalité de leurs emprunts, mais encore que d’entreprises
que les Anglais dirigent ou commanditent dans le
monde entier! Ils se sont rendus acquéreurs aux États-Unis
de terrains dont la superficie est évaluée à 8 millions d’hectares,
la superficie de l'Irlande. — La France aussi avait des
créances considérables sur l’étranger. On les évaluait avant
la guerre à 40 milliards de francs, représentant donc un
revenu annuel de 2 milliards environ. Il est vrai que depuis
la guerre les créances de ces deux pays sur l’étranger ont
subi une forte diminution et même, en ce qui concerne la
France, se trouvent presque compensées par des dettes con -
tractées vis-à-vis de l’étranger, principalement vis-à-vis des
Etats-Unis (voir ci-après).
Au contraire, l'Espagne, la Turquie, l'Egypte, les Indes,
les Républiques de l’Amérique du Sud, figurent à ce chapitre
comme débitrices.
Toutefois remarquez que lorsque les pays obérés émettent
un emprunt — et aussi longtemps que cet emprunt n’est pas
entièrement souscrit — les rôles sont renversés : ce sont eux
qui deviennent momentanément créanciers des pays qui ont
à leur envoyer des fonds, et ce sont ceux-ci qui sont constitués
leurs débiteurs. Tous les ans la France fait des placements
nouveaux à l’étranger et doit par conséquent envoyer
de l’argent qui est à déduire de celui qu’elle fait venir pour
les intérêts de ses placements anciens, Il peut même y avoir
telle année où elle ait plus à envoyer qu’à recevoir.
3° Les dépenses faites par les étrangers résidant dans le
pays. — Comme l'argent qu’ils dépensent n’est pas le produit
de leur travail, mais qu’ils le tirent de leurs terres ou
des capitaux placés dans leur pays d’origine, il y a là, pour
tout pays fréquenté par de riches étrangers, un courant de
créances continu. Elles ont été évaluées à 350 millions fr.
pour l’Italie, à 200 millions fr. pour la Suisse. Elles devaient
s’élever au moins à 400 millions fr. pour la France, qui
héberge à Paris, à Nice, à Pau, etc., un nombre considérable
de rentiers étrangers.
Au contraire, les Etats-Unis, l'Angleterre et la Russie, étaient
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