L’AFRIQUE ÉQUATORIALE FRANÇAISE ‘ 49
quand l’Allemagne inscrivait sur la carte les trois antennes
qui devaient ultérieurement, dans ses plans de Mittel-
Afrika, lui livrer le reste de la colonie et quand elle
réclamait Libreville et sa rade dont hous continuions à
ne rien faire d’utile et de grand.
À la faute des colons, le Parlement ajouta la sienne en
ne votant pas, le jour même où il ratifiait l’accord franco-
allemand du 4 novembre 1911, l'emprunt nécessaire à la
construction d’une voie ferrée. Ce vote ne devait inter-
venir que trois ans plus tard, à la veille même des hos-
Hilités.
Le régime concessionnaire était-il apte, en soi, à réa-
liser la colonisation du territoire? Non, parce que basé
sur la seule et rapide exploitation des richesses. L'Afrique
occidentale l’avait compris qui refusa l'application d’un
tel système dans ses colonies.
Comme le constatait M. Messimy dans son rapport de
[910 : « Il faut conclure que ces pays se vident de leurs
richesses naturelles. » En effet, et on l’avait déjà dit pour
le Congo belge, c’est la razzia commerciale si les sociétés
n'aménagent pas le territoire pour préparer un avenir
plus fructueux encore.
Cependant, on a pu s’y tromper. Ce système amène
avec lui une période de prospérité apparente.
De 18 690 000 en 1900, à l’installation du régime, le
commerce passe à 25 millions en 1905, à 40 millions
en 1910 et à 57 millions en 1913. On est loin de l’essor
des colonies de l’Afrique occidentale française où le com-
merce est libre. C’est que déjà, à la veille de la guerre,
les deux tiers des sociétés concessionnaires ont disparu et
les autres, sauf de rares exceptions, ont continué l’ex-
ploitation ‘comme elles pouvaient; mais nous allons
voir que cette exploitation était de moine en moins facile.
Les sociétés avaient établi leurs calculs sur deux vro-
duits principaux : le caoutchouc et l’ivoire.