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L'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
mérites respectifs : le « Gabon-Alima » et le « Pointe Noire-
Brazzaville ». Choisissez librement et définitivement
le tracé qui vous parhîtra répondre le mieux à l'intérêt
le plus certain du groupe et, sans un jour de retard,
amorcez les travaux. »
M. Augagneur écouta l'avis désintéressé qui lui était
donné, et résista à des attaques intéressées dont sa déci-
sion fut l’objet. Et ce lui est à grand mérite.
M. Antonetti a continué en redoublant d’efforts, et
comme, justement, le chemin de fer belge s’est embou-
teillé, ne pouvant suffire au trafic — résultat prévu par
d’aucuns depuis longtemps, — il a donné au nôtre une
conception de grande envergure en formulant l'espoir
que, tant par sa puissance de transport que par son abou-
tissement en rade abritée, il pourra devenir à son tour
Pinstrument maître du trafic de tout le bassin du Congo.
2° Au système de la razzia commerciale se trouve déjà
substitué le système de la production indigène directe-
ment encouragée et guidée. On le doit au gouverneur
Lamblin. La colonie de l’Oubanghi-Chari a eu la chance
que ce fonctionnaire colonial n’eût d’ambition que celle
de faire œuvre utile et se donnât tout entier à sa colonie
où iladministre depuis douze ans. M. Lamblin a reconnu la
vérité de nos dires : que le noir travaillant pour son compte
travaillait avec plus de cœur et se pliait plus aisément
aux conseils qu’on pouvait lui donner. Et, ayant assisté
aux exodes des récolteurs de latex sur des distances tou-
jours plus grandes jusqu’à la disparition à peu prês
totale des lianes, il a conçu qu’il était possible de mettre
les arbres à caoutchouc à portée immédiate des noirs
par un système de plantations de villages et de familles.
Et les plantations sont sorties de terre. Le nombre
d’arbres à caoutchouc s’élève maintenant à 25 millions
de pieds et la production purement indigène du caout-
chouc à 2 000 tonnes.
Que se généralise en Afrique noire ce système, capable