L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
si, ce qui est vraisemblable, il est possible de lui assurer
un jour une vie indépendante. Cette île, dans la partie
australe de l’océan Indien, sur le chemin du Cap aux Indes,
à 400 kilomètres du flanc sud-est de l’Afrique, occupe
une position statégique de premier ordre. À l’est, ses côtes
rectilignes sont inhospitalières, mais la nature a placé
le remède à côté du mal : à ‘courte distance du rivage.
court un chapelet de lagunes faciles à réunir et qui
formeront ainsi un canal de plus de 670 kilomètres.
Déjà 250 kilomètres sont aménagés.
À l’ouest, face à l’Afrique et au nord, s’ouvrent plu-
sieurs baies, dont quelques-unes sont très profondes, l’une
entre autres, celle de Diégo-Suarez, est à mes yeux com-
parable à la magnifique baie de Rio de Janeiro. Des
estuaires de fleuves offrent aussi des mouillages abrités
et spacieux. Quant aux cours d’eau, généralement de
régime torrentiel et encombrés d’écueils, ils ne sont navi-
gables que sur des biefs de peu d’étendue. La naviga-
tion, on le voit, rencontre des facilités qui ne sont pas
négligeables et que l’industrie saura développer.
Madagascar est un immense plateau montagneux
d’une altitude moyenne de 1 000 à 1 400 mètres, avec des
massifs plus élevés dépassant 2 000 mètres, qui, à l’est,
s’abaisse par des contreforts venant mourir au bord des
lagunes côtières, tandis qu’à l’ouest, il tombe, par une
falaise abrupte de 600 à 800 mètres, sur de grandes
plaines d’alluvions de faible altitude. Cette disposition
orographique, combinée avec des latitudes s’échelonnant
de 12° à 25° latitude sud, et aussi avec les vents réguliers
de l’océan Indien et du canal de Mozambique, compose
une variété de climats allant du climat tropical, chaud
et humide, au climat tempéré. Sur le plateau central le
thermomètre descend jusqu’à O degré en hiver.
La fertilité du sol est inégale avec les régions, mais
offre cependant à l’agriculture des ressources aussi
étendues que diverses ; la plupart des cultures des pays
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