CHAPITRE V
LA SYRIE
La
LE PROBLÈME SYRIEN
par le général WEyGAND.
Ce problème pourrait être examiné de points de vue
très différents :
On pourrait se demander si, en 1919, la France — au
lleu d’accepter en Syrie une situation qui entraînait
autant de responsabilités qu’elle réclamait de sacrifices
—— N'eût pas mieux agi en se contentant de maintenir
et d'étendre l’influence et le prestige qu’elle devait à
l’action de ses misssionnaires et de ses maîtres, à la diffu-
sion de sa langue et de sa culture. Cela ne lui eût coûté
que quelques millions.
On pourrait se demander, d’autre part, si un système
d'administration directe ou de protectorat, qu’une partie
au moins de la Syrie appelait de ses vœux, n’eût pas été
préférable à un mandat, formule nouvelle et d’applica-
tion très délicate.
On pourrait se demander, enfin, si, en présence de
certaines difficultés et de lourdes dépenses de vies hu-
maines et d’argent, la France doit, comme. certains le
réclament, abandonner la Syrie au risque de manquer à
Yes engagements, d’ouvrir dans ce pays une ère de troubles
et de massacres des chrétiens, de compromettre sa situa-
tion en Orient, de renoncer à paraître en Méditerranée
prientale