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L'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
Mais ce seraient là des études académiques. car ces
problèmes sont résolus :
Le premier, puisque nous sommes en Syrie.
Le deuxième, puisque nous y exerçons l’autorité par
le fait d’un mandat.
Et sur le troisième le président du Conseil s’est pro-
noncé à la tribune de la Chambre en disant : « Quant
à nous retirer du Maroc et de la Syrie, a-t-il dit, rien
de plus criminellement absurde. Ce serait livrer ces pays
à d’effroyables représailles, à l'incendie, au massacre,
à la misère. Le gouvernement français ne fera pas cela. »
Il semble donc que le seul problème syrien qu'il soit
aujourd’hui opportun d’étudier soit celui que la France
a, pour le moment, à résoudre, celui que pose l’applica-
tion lovale du mandat.
Auparavant il eût été bon d’avoir dit ce que sont
ce mandat et les pays dans lesquels il s’exerce.
On sait que les droits et devoirs du mandataire sont
fixés par un texte approuvé par le Conseil de la Société
des Nations et agréé par le gouvernement français ;
charte à laquelle on aura l’occasion de se reporter au
cours de cet exposé. .
On sait également que le mandat français s'exerce en
Syrie sur un territoire d’une étendue de 150 000 kilo-
mètres carrés el peuplé d’un peu moins de 2 millions et
demi d’habitants sédentaires, de 3 à 400 000 nomades, et
de 100 000 chrétiens environ réfugiés de Turquie ; que ces
populations présentent, à l'exception des Bédouins qui
sont de pure souche arabe, un mélange de races tel
qu’en fin de compte c’est la religion qui classe entre
elles ces populations; que l’on compte en Syrie une
vingtaine de groupements religieux principaux se ratta-
chant aux trois catégories : musulmans, chrétiens.
juifs, citées dans l’ordre de leur importance numérique ;
que dans les pavs de l’intérieur les musulmans sont en