L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
Le problème politique se présente du point de vue
extérieur et du point de vue intérieur.
La politique-extérieûre est, en vertu de l’article 3 de la
charte, affaire du gouvernement français et de son repré-
sentant, le haut-commisaire, et non des États sous
mandat.
*Q
On n’en retiendra que les relations avec les États
voisins : Turquie au nord, Irak et Palestine, c’est-à-dire
Angleterre puisque ces derniers pays sont sous mandat
britannique, à l’est et au sud. De ces voisins, la France
doit s’efforcer d’obtenir des traités rendant accessibles
au commerce de la Syrie, qui est essentiellement un pays
de transit, ses marchés d’avant-guerre afin qu’elle retrouve
ses vieux clients d’Anatolie, d’Irak et de Palestine dont
la séparent aujourd’hui, du fait des nouvelles frontières,
de trop hautes barrières douanières. On s’est efforcé de
conclure ces traités, on a obtenu des résultats intéressants,
:l faut arriver à mieux encore. Et en particulier l’amitié
franco-turque, souvent évoquée, ne saurait se mani-
fester plus utilément que par une juste compréhension
les intérêts de populations voisines, jadis étroitement
unies par des liens économiques.
La politique intérieure réclame qu'on s’y arrête davan-
tage, parce que les différentes questions qui en constituent
les données ne sont pas encore définitivement résolues
et parce que c’est justement cette face du problème, dont
les véhémentes réclamations de partis ou d'individus,
vivant pour la plupart hors de la Syrie, et par là d'autant
moins qualifiés pour le faire, saisissent périodiquement
la commission de la Société des Nations. Il s’agit en
somme du « statut organique » que la puissance manda-
taire doit élaborer en vertu de l’article 1°" de la Charte.
Ce statut est à examiner sous deux aspects ; la répar-
tition même du pays entre les États, et le régime prési-
dant à la vie politique de ces États.