L’INDOCHINE
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travers la province chinoise du Yunnam jusqu’aux régions
élevées du Tonkin et du Laos, se continue, en une arête
de 900 kilomètres, entre ce dernier pays et l’Annam pour
s'aplanir finalement dans le delta du fleuve Rouge, d’une
part, et dans le delta du Mékong, d'autre part.
Ces deux fleuves sont les seuls cours d’eau qui
arrosent l'Indochine. Il est vrai qu’ils sont grands ! Le
premier mesure 2000 kilomètres de long, le second
4 200 kilomètres. Le bassin du Mékong ne couvre pas
moins de 1 000 000 de kilomètres carrés. Soit près de deux
fois la superficie de la France ! Que sont nos fleuves en
comparaison de ceux-là : la Seine avec ses 772 kilomètres
et même le Rhône avec ses 812 kilomètres? De simples
cours d’eau.
La population de l’Indochine, qui compte environ
20 millions d’âmes, se divise en deux grouges bien dis-
tinets, habitants l’un à l’est, l’autre à l’oucst de la chaîne
annamitique qui partage la presqu’île dans toute sa
longueur, du nord au sud. /. l’est, la population anna-
mite, la plus nombreuse, 17 millions d'individus, d’ori-
gine et de civilisation chinoises ; à l’ouest, la population
du Laos et du Cambodge, d’origine Thaï, fortement
imprégnée de civilisation hindoue et de religion boud-
dhique. Les Annamites, qui constituent l'élément supé-
rieur de cette population, sont travailleurs, industrieux,
capables de devenir des auxiliaires précieux de la civili-
sation, s’ils sont bien dirigés, à la fois dans un esprit
libéral et d’une main très ferme. Les Cambodgiens et les
Laotiens sont de nature plus indolente mais de tempé-
rament plus artiste, de caractère plus gai, d’âme plus
ouverte que les Annamites.
L’Indochine par sa contexture même, par ses latitudes
qui s'étendent du & au 239, par son orographie qui compte
des altitudes de 0 mètre à 2 600 mètres, se trouve jouir
de climats très variés qui la rendent propre à des cultures
très différentes.