120 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
sphère boréal, un froid intense règne sur toute l’Asie cen-
trale. Les vents d’ouest soufflent alors dans les provinces
de l'Inde, car les cyclones de la zone tempérée prennent
la direction du sud. C’est la saison sèche. Quand, au con-
traire, l’hémisphère boréal est éclairé par le soleil, l’Asie
méridionale devient une région surchauffée qui attire un
immense courant d’air chargé.de quantités énormes de
vapeur d’eau qui se condensent au-dessus de l’océan
Indien, Il en résulte que dans une certaine période de
l'année, certaines parties de l'Inde sont inondées par les
pluies, tandis qu'une sécheresse persistante y sévit pen-
dant le reste de l’année. C’est exactement de la même
façon que s'explique le climat de notre Afrique occiden-
tale, bornée au nord par le Sahara et à l’ouest et au sud
par l’Atlantique et le golfe de Guinée.
La faune est naturellement la même que celle de l’Inde
anglaise. Les tigres disparaissent peu à peu, mais il n’en
est pas de même des reptiles et notamment du trop célèbre
cobra-capello et du serpent-minute dont la morsure donne
la mort en quelques instants. Quant à la flore, elle est
naturellement d’une incroyable exubérance : bois d’ébé-
nisterie et de teinture, arbres fruitiers (papayers, goya-
viers, mangulers, orangers et citronniers). Le coton et la
sésame y poussent à merveille, ainsi que le ricin et l’ara-
chide. Les légumes d'Europe réussissent dans les jardins.
Enfin, les épices donnent des récoltes qui non seulement
suffisent à la consommation locale, mais même sont un
élément du commerce d’exportation. Le riz constitue la
nourriture fondamentale des habitants. Dans les années
mauvaises le riz est acheté en Indochine.
La capitale de la colonie est Pondichéry, peuplé de
50 000 habitants. « Ses monuments et ses hôtels parti-
culiers rappellent, dit M. Bluysen, ceux du grand siècle. »
La ville a, en effet, le charme de sa splendeur déchue. Le
silence de ses rues qu’un rare passant parcourt lentement