124 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
intéressants seulement pour la pêche et leurs gisements
de guano que sont les Huon et les Chesterfield, situés au
nord de la Grande-Terre, les terres éloignées de Fotuna
et de Wallis, situées entre Fiji et Samoa, deux groupes
placés sous la domination britannique, et enfin, distribuées
du nord au sud, parallèlement à la Grande-Terre et aux
Loyalty la demi-douzaine de terres placées sous le condo-
minium anglo-français et qui sont les Nouvelles-Hébrides.
À de très rares exceptions près, toutes ces îles appar-
tiennent au monde mélanésien, c’est dire que les hommes
qui les habitent sont en grande majorité des noirs de la
famille papoue comme ceux de la Nouvelle-Guinée, des
îles Salomon et les Australiens.
La Nouvelle-Calédonie, trois fois grande comme la
Corse, se profile en longueur dans une direction sud-est-
nord-ouest, parallèle à la côte du Queensland. Elle est
orientée vers la Nouvelle-Guinée dont la mer de Corail
la sépare. Nouméa, chef-lieu de la colonie, bâtie sur
une vaste et sûre rade tournée vers l’occident, est à cinq
jours de Sydney et quatre seulement de Brisbane.
Le relief de la Nouvelle-Calédonie est très accidenté.
Des pics et des chaînes jalonnent du nord au sud le sys-
tème orographique : Mont Kaata, 1083 mètres; Pic
Homédéboua, 1 200 mètres ; Pic Table, 1 243 mètres ; la
Table Unie qui s’aperçoit des deux côtes; le Kanata,
1 040 mètres ; la Dent de Saint-Vincent, 1 547 mètres, et
le Pic Humboldt, 1 850 mètres. Ce système est assez caho-
tique, tantôt rapproché d’une côte, tantôt plus près de
l’autre, ménageant parfois dans l’intérieur de vastes
\ plaines facilement transformables en champs d’abondance
et coupé dans les deux sens de nombreuses et profondes
vallées, bien arrosées, fertiles, aux aspects pittoresques
et d’une richesse de végétation parfois merveilleuse.
La Nouvelle-Calédonie est un pays au premier chef
agricole. Son sol, recouvert presque partout d’une riche
couche d’humus, a l'avantage de se prêter également